Premier rendez-vous judiciaire en février pour Judith Godrèche, attaquée en diffamation par Doillon
La comédienne Judith Godrèche, fer de lance de #MeToo en France, est convoquée le 19 février pour une audience procédurale devant le tribunal de Paris, suite à une plainte en diffamation du cinéaste Jacques Doillon, qu'elle accuse de viols quand elle avait 15 ans, a appris l'AFP lundi de source proche du dossier.
Lors de cette audience de procédure, le fond du dossier ne sera pas examiné mais une date de procès sera fixée.
En cause: un post Instagram de Judith Godrèche, dans lequel elle écrivait que Jacques Doillon avait pour spécialité de tourner avec des enfants "avec qui il couche". La comédienne avait été mise en examen, ce qui est automatique dans les affaires de diffamation et ne résulte pas, comme dans une procédure pénale classique, d'une enquête ayant mis au jour des "indices graves et concordants".
"(Jacques) Doillon a choisi de porter plainte contre moi, c'est le monde à l'envers mais je suis sereine, je me défendrai. Au-delà de moi, j'y vois une manière de dissuader les femmes qui se risquent à dénoncer des abus sexuels. C'est pourquoi je ne veux pas me laisser intimider", a déclaré lundi Judith Godrèche à l'AFP.
La défense du cinéaste a de son côté souligné que Jacques Doillon avait porté plainte "non pas au sujet des violences sexuelles dont Judith Godrèche l'accuse", mais pour "un post Instagram dans lequel Mme Godrèche affirmait publiquement que Jacques Doillon couchait avec des enfants qui tournaient dans ses films, illustrant son propos d'une photographie de l'enfant de 4 ans jouant le rôle de Ponette", film éponyme sorti en 1996.
Début 2024, Judith Godrèche avait porté plainte pour viol sur mineur de moins de 15 ans contre le cinéaste Benoît Jacquot, de 25 ans son aîné, avec lequel elle a vécu une relation à partir de ses 14 ans.
Cette plainte avait provoqué un séisme dans le monde de la culture et au-delà, ouvrant la voie à une libération de la parole de victimes de violences sexuelles.
Mme Godrèche avait aussi accusé le réalisateur Jacques Doillon de l'avoir violée quand elle avait 15 ans.
Si les faits décrits par la comédienne ne font pas l'objet de poursuites, pour cause de prescription, d'autres plaintes ont suivi et abouti à l'ouverture d'investigations.
A ce jour, Jacques Doillon, qui conteste les accusations, n'a pas été mis en examen, mais placé sous le statut plus favorable de témoin assisté.
S.Kamakana--HStB