Honolulu Star Bulletin - Incendies en Espagne: heures cruciales près de Madrid avant un changement de météo

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Incendies en Espagne: heures cruciales près de Madrid avant un changement de météo
Incendies en Espagne: heures cruciales près de Madrid avant un changement de météo / Photo: OSCAR DEL POZO - AFP

Incendies en Espagne: heures cruciales près de Madrid avant un changement de météo

Les pompiers espagnols s'efforcent mardi matin de maîtriser les terribles incendies qui sévissent près de Madrid, à quelques heures de l'arrivée d'un vent du sud charriant le risque d'une aggravation des feux.

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Le vent doit en effet tourner à midi mardi. Il "soufflera alors du Sud et tout ce qui n'aura pas pu être contenu pourrait bien compliquer à nouveau la situation. C'est ce qui rend si important l'effort qui va être déployé" jusque-là, a souligné dans la nuit le délégué du gouvernement dans la région de Madrid, Fran Martin Aguirre.

Cette journée, comme la veille, sera "absolument déterminante", a affirmé lors d'un point presse le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui a dit espérer "contrôler et maîtriser le feu" et a évoqué "des prévisions vraiment défavorables" à partir de mercredi.

Ces incendies ont ravagé en quelques jours environ 75.000 hectares, soit sept fois la superficie de Paris.

Certains ont "tout perdu", comme María Angeles Cañete, dont les deux campings ont brûlé. "Je ne dors pas la nuit. C'est la pire chose qui puisse vous arriver dans la vie : voir votre entreprise partir en flammes petit à petit et personne pour vous aider", a-t-elle confié à l'AFP, au bord des larmes.

- "C'est l'enfer" -

"Il reste des heures complexes" avec "l'augmentation des températures", a alerté le Premier ministre Pedro Sanchez lundi, lors d'une visite au centre de coordination des secours dans la région de Valence (est).

Si les incendies "ont ralenti leur progression" dans la nuit de dimanche à lundi, le feu n'est toutefois toujours "pas maîtrisé", a souligné la préfecture de la région de la capitale espagnole, selon qui "trois fronts" sont toujours actifs.

Toutefois, on note de premiers signes prudents d'amélioration de la situation: quelques premiers évacués commencent à rentrer chez eux.

Oscar Espinosa, décorateur de 20 ans, est revenu au village de Cebreros. "C'est une catastrophe, toutes nos montagnes ont brûlé, tout ce que nous avions de vert est ravagé, s'est-il lamenté. Je n'ai pas de mots. C'est l'enfer, je reste avec cette image que, peut-être, je ne reverrai pas avant 30 ou 50 ans."

L'air sentait encore la fumée, irritait la gorge et la poitrine, et le ciel était couvert de fumée blanche.

Des particules de cendres se déposaient sur les voitures. A la sortie de la ville, le long de la route en direction de San Martín de Valdeiglesias, une épaisse fumée grise couvrait la végétation.

- "Plus une exception" -

Dans un discours consacré aux "refuges climatiques" censés protéger la population lors de vagues de chaleur, le Premier ministre a estimé que ces incendies, d'une ampleur inédite, étaient "l'expression la plus douloureuse d'une urgence climatique".

"Ce n'est plus une exception, c'est la règle", a-t-il alerté, le ton grave. Il a évoqué "plus de 170.000 hectares calcinés" en Espagne depuis le début de l'année.

Des dizaines de milliers de personnes sont directement affectées par les incendies près de Valence qui ont fait un mort et où plus de 7.000 hectares ont déjà brûlé, d'après les autorités.

Mais Pedro Gil, pompier chef des opérations à Castellón, dans cette région, tient à "rester modérément optimiste pour être sur le terrain demain", grâce notamment à "l'humidité qui va beaucoup augmenter". "La vérité, c'est que bien souvent les incendies ne s'éteignent pas quand nous le voulons, mais lorsqu'une fenêtre d'opportunité nous est offerte par la météo."

Au Portugal voisin, plusieurs incendies se sont déclarés lundi dans les régions de Santarem (centre), Guarda, Braga et Bragança (nord).

En France, où sévissent plusieurs feux à la fois, le retour de la chaleur et l'arrivée d'un vent plus sec font aussi craindre une aggravation de la situation, alors que 42.000 hectares sont déjà partis en fumée dans le département de la Gironde (sud-ouest).

B.Kealoha--HStB