Honolulu Star Bulletin - Les opérations d'Israël en Syrie pourraient constituer des "crimes de guerre" (enquêteurs de l'ONU)

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Les opérations d'Israël en Syrie pourraient constituer des "crimes de guerre" (enquêteurs de l'ONU)
Les opérations d'Israël en Syrie pourraient constituer des "crimes de guerre" (enquêteurs de l'ONU) / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP/Archives

Les opérations d'Israël en Syrie pourraient constituer des "crimes de guerre" (enquêteurs de l'ONU)

Des "crimes de guerre" pourraient avoir été commis dans le cadre des opérations militaires menées par Israël sur le territoire de la Syrie, ont déclaré mardi des enquêteurs de l'ONU.

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"La Commission est vivement préoccupée par la persistance des violations israéliennes" en Syrie, a déclaré à Genève Fionnuala Ni Aolain, membre de la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie, lors d'une session du Conseil des droits de l'Homme.

Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis la chute, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition islamiste, visant notamment les infrastructures militaires.

L'armée israélienne a également déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967.

Israël affirme y avoir instauré une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"L'activité militaire israélienne dans le sud de la Syrie s'intensifie et s'ancre davantage, marquée par des incursions terrestres, des patrouilles, des raids et des fouilles à répétition", a observé Mme Ni Aolain.

Selon elle, "l'installation par Israël d'un réseau de points de contrôle temporaires et d'infrastructures militaires permanentes sur le territoire syrien a lourdement affecté la population civile. Israël a également procédé à l'interrogatoire et à la détention de centaines d'habitants, y compris des mineurs".

"De tels actes pourraient constituer des crimes de guerre", a assuré Fionnuala Ni Aolain.

- "Défis majeurs" -

"Qu'il s'agisse des interrogatoires, de la détention, de la destruction de logements, des atteintes à l'environnement ou de la destruction de biens, bon nombre de ces actes sont expressément interdits en territoire occupé (...) ou ne peuvent être justifiés que par une nécessité militaire impérieuse dûment démontrée", a encore souligné l'enquêtrice devant la presse.

"Une puissance occupante a des obligations juridiques très claires de protéger la population civile (...) En réalité, nous constatons tout le contraire: destruction des moyens de subsistance, absence d'accès aux soins médicaux, impossibilité de gagner sa vie et, littéralement, impossibilité de regagner son domicile en raison de la mise en place de barrières et de barricades entravant la libre circulation des personnes", a-t-elle détaillé.

Par ailleurs, la Commission a mis en lumière les "défis majeurs" en matière de droits humains auxquels le pays est confronté, notamment ceux découlant "de la fragilité de l'espace civique, des répercussions politiques et économiques du conflit syrien, des atteintes fondées sur le genre, de l'instabilité persistante à Soueïda et de la situation de l'après-conflit, y compris les questions de détention dans le nord-est".

Elle a aussi appelé à "renforcer l'obligation de rendre des comptes" concernant les violences récentes, notamment celles survenues sur la côte et dans l'ouest de la Syrie au début de 2025, ainsi qu'à Soueïda en juillet 2025, "y compris en ce qui concerne les personnes disparues".

Mme Ni Aolain a précisé qu'un rapport "plus complet sur l'ensemble de ces investigations" sera présenté au Conseil des droits de l'Homme lors de sa prochaine session au printemps.

N.Uluwehi--HStB