Honolulu Star Bulletin - Ouganda: l'accès à internet va être coupé à l'approche des élections

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Ouganda: l'accès à internet va être coupé à l'approche des élections
Ouganda: l'accès à internet va être coupé à l'approche des élections / Photo: Luis TATO - AFP

Ouganda: l'accès à internet va être coupé à l'approche des élections

Internet sera coupé mardi dès 18H00 (15H00 GMT) pour une durée indéterminée en Ouganda, deux jours avant les élections présidentielle et législatives au terme desquelles Yoweri Museveni, président depuis 40 ans, aspire à se maintenir au pouvoir, selon une lettre de l'organisme chargé des Communications.

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"Cette mesure est nécessaire pour atténuer la propagation rapide de la désinformation (...) en ligne, la fraude électorale et les risques connexes, ainsi que pour empêcher l'incitation à la violence", justifie la Commission des communications de l’Ouganda dans une lettre adressée aux fournisseurs d’accès, dont l'authenticité a été confirmée mardi à l'AFP par deux sources gouvernementales.

L'Ouganda avait déjà bloqué internet lors de la présidentielle de 2021, remportée par l'indéboulonnable Yoweri Museveni, 81 ans aujourd'hui.

L'ancien chanteur populaire devenu politicien Bobi Wine - de son vrai nom Robert Kyagulanyi -, son principal adversaire il y a cinq ans et challenger numéro 1 encore aujourd'hui, avait alors dénoncé une "mascarade" électorale, entachée de dizaines de morts.

Le gouvernement n'a fait aucune déclaration publique au sujet de cette coupure.

L'exécutif a répété à plusieurs reprises que le réseau ne serait pas bloqué pendant l'élection. Le 5 juillet, il avait même posté sur X que "les affirmations suggérant le contraire sont fausses, trompeuses et destinées à provoquer une peur et une tension inutiles au sein du public".

La suspension d'internet doit intervenir quelques heures après le dernier meeting du président Museveni, auquel des milliers de personnes, dont de nombreux sympathisants habillés de jaune, sa couleur, ont assisté mardi.

"Quarante ans, ce n'est pas important, a expliqué Banura Oliver, une quadragénaire portant t-shirt et casquette jaunes. On a besoin qu'il reste au pouvoir même 80 ans (de plus) parce que les gens se développent" en Ouganda.

Bobi "Wine est un type sympa. Je l'écoute depuis mon enfance (...) Sa musique est bien mais c'est le président Museveni qui doit être dans le fauteuil du président", a de son côté estimé Tamaal Albany Farockel, une autoentrepreneuse de 32 ans.

- Caméra "pas bienvenue" -

Certains participants ont toutefois affirmé n'être là que pour le riz et la viande gratuits et n'avoir pas l’intention de voter pour le chef de l'Etat.

"Tu me donnes à manger pour aujourd'hui, mais demain ?", a lancé Mugaala, 23 ans, sans emploi, qui n'a pas souhaité communiquer son nom de famille à l'AFP.

De nombreux reporters étrangers, malgré une accréditation du gouvernement, se sont par ailleurs vu refuser l’accès au meeting et plusieurs ont été menacés d’arrestation.

"Votre caméra n'est pas la bienvenue", a déclaré un membre des forces de sécurité aux journalistes après avoir inspecté cartes de presse et autorisations.

Les élections en Ouganda se déroulent "dans un climat marqué par une répression et une intimidation généralisées", a estimé vendredi le bureau du Haut-Commissaire onusien pour les droits de l'Homme.

Au moins 400 partisans de la Plateforme d'unité nationale (NUP), le parti de Bobi Wine, ont été arrêtés ces derniers mois simplement pour l'avoir soutenue, estime l'ONG Amnesty international.

L'un d'entre eux a été tué en novembre, la police affirmant alors qu'elle faisait face à des "hooligans".

L'Ouganda avait annoncé fin décembre restreindre l'importation de Starlink et d'autres récepteurs internet satellite qui auraient permis de contourner la coupure nationale.

La crainte s'accroît d'une répétition du scénario vécu en Tanzanie voisine, où internet avait été bloqué plusieurs jours à partir du 29 octobre, lors d'élections finalement jugées frauduleuses par des observateurs étrangers.

Des manifestations antipouvoir avaient été réprimées dans le sang, avec plus de 2.000 personnes tuées selon l'opposition, dans l'opacité la plus totale.

V.Leilani--HStB