Honolulu Star Bulletin - Finies les vidéos divertissantes de Sora, OpenAI se recentre sur des outils professionnels

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Finies les vidéos divertissantes de Sora, OpenAI se recentre sur des outils professionnels
Finies les vidéos divertissantes de Sora, OpenAI se recentre sur des outils professionnels / Photo: Drew Angerer - AFP/Archives

Finies les vidéos divertissantes de Sora, OpenAI se recentre sur des outils professionnels

Six mois seulement après un lancement tonitruant, OpenAI a annoncé mardi la fermeture de Sora, son réseau social de vidéos courtes générées par intelligence artificielle, illustrant son recentrage sur les agents IA et les outils professionnels.

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"Nous disons au revoir à Sora", a écrit sur X la maison mère de ChatGPT pour annoncer cette décision, la plus éloquente de son recentrage vers des solutions professionnelles plus lucratives.

L'entreprise, dont une éventuelle introduction en Bourse est attendue dans le courant de l'année, doit démontrer sa crédibilité à engranger plus de revenus alors que les coûts pour construire et faire tourner les centres de données géants pour la révolution IA ne cessent d'exploser.

Conséquence de cet arrêt, Disney va se retirer de son partenariat avec OpenAI, selon une source proche du dossier citée mardi par le Hollywood Reporter. Le studio avait accordé en décembre l'utilisation de l'image de certains de ses personnages dans Sora et s'était engagé en retour à investir un milliard de dollars dans la société.

En réponse à l'AFP, OpenAI confirme se concentrer sur sa feuille de route pour atteindre l'intelligence artificielle générale (AGI) -- stade visé comme un graal par la Silicon Valley, auquel l'IA égalerait toutes les capacités intellectuelles des humains -- et sur les besoins en puissance de calcul pour la compétition du moment sur les agents IA.

Ces outils, capables d'enchaîner des tâches de manière autonome sur des ordinateurs personnels pour écrire du code, analyser des données ou se servir seuls de différentes applications, sont désormais au centre de l'attention des géants de l'IA générative.

Lundi, Anthropic, grand rival et voisin d'OpenAI à San Francisco, a déployé une fonctionnalité agentique de son modèle Claude, désormais capable de contrôler l'ordinateur de l'utilisateur pour accomplir des tâches de manière autonome.

De son côté, OpenAI a fait sensation mi-février en embauchant Peter Steinberger, le programmeur autrichien à l'origine d'OpenClaw, un outil de déploiement d'agents IA qui a connu un succès fulgurant du monde entier, alimentant les prédictions d'une démocratisation de cette technologie au-delà du cercle des informaticiens.

- Puissance de calcul -

La clôture de Sora acte, elle, la fin de l'un des produits grand public d'intelligence artificielle les plus médiatisés de l'an dernier, au moment où la maison mère de ChatGPT resserre son focus sur les outils de codage et de productivité, créneau sur lequel son rival Anthropic a grignoté du terrain ces derniers mois.

Le patron d'OpenAI Sam Altman a annoncé ce recentrage mardi à ses équipes, avec une réorganisation en conséquence, attribuant plus de moyens aux équipes de Codex, son outil de codage agentique, ont confirmé des sources proches du dossier à l'AFP.

L'annonce intervient également dans le sillage du message de Fidji Simo, responsable des applications d'OpenAI, qui demandait à ses équipes début mars de ne pas se laisser distraire par des "quêtes secondaires" - terme emprunté au monde du jeu vidéo - pour se concentrer sur les agents IA.

OpenAI, qui revendique la place de numéro 1 du secteur avec 900 millions d'utilisateurs hebdomadaires, justifie aussi sa décision par la nécessité de hiérarchiser l'allocation de sa puissance de calcul, toujours inférieure à la demande. Au quotidien, la start-up valorisée près de 850 milliards de dollars dit devoir arbitrer entre la recherche, le lancement de nouveaux outils et la consommation accordée à ses clients.

Sora fait donc les frais de ces contraintes, à un moment délicat pour OpenAI, dont le modèle économique est de plus en plus mis en question: malgré une hausse vertigineuse des revenus -- avec un chiffre d'annualisé estimé à 20 milliards de dollars -- les coûts explosent plus vite encore.

Le leader de l'IA générative défend toutefois la brève expérience Sora, décrite comme un moyen d'entraîner l'IA à comprendre et simuler le monde physique en mouvement, utile pour la robotique notamment.

OpenAI a ajouté qu'il communiquerait prochainement sur le calendrier d'arrêt de l'application Sora ainsi que sur les modalités de conservation des créations de ses utilisateurs.

Z.Aina--HStB