Honolulu Star Bulletin - Le patron de Palantir juge que la France se "fera du mal" avec une souveraineté numérique en trompe-l'oeil

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Le patron de Palantir juge que la France se "fera du mal" avec une souveraineté numérique en trompe-l'oeil
Le patron de Palantir juge que la France se "fera du mal" avec une souveraineté numérique en trompe-l'oeil / Photo: Matt RAMEY - AFP

Le patron de Palantir juge que la France se "fera du mal" avec une souveraineté numérique en trompe-l'oeil

Le patron de Palantir Alex Karp, dont Paris a décidé en juin de se passer pour son renseignement intérieur, a prévenu mercredi que la France se "fera du mal" si elle croit se protéger avec des entreprises françaises qui opèrent en réalité des intelligences artificielles américaines et chinoises.

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Se contenter d'un intermédiaire français est une protection illusoire, "c'est littéralement l'équivalent technique d'+un 5 à 7 sans préservatif+", a-t-il lancé à l'AFP, en français dans le texte, en marge d'une réunion ministérielle du G20 en Caroline du Nord.

Si la France laisse ses décisions être "guidées par la peur et par des gens qui ne comprennent pas vraiment les enjeux", "cela fera du mal à la France", a-t-il ajouté lors de cette réunion organisée par l'administration Trump pour convaincre ses partenaires de ne pas freiner l'intelligence artificielle par de nouvelles régulations.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé en juin, au nom de l'"autonomie stratégique", vouloir remplacer le logiciel d'analyse de données de Palantir, utilisé par la DGSI depuis 2016, par celui de la française ChapsVision. Palantir avait alors assuré que son contrat, renouvelé jusqu'en 2028, restait "pleinement en vigueur".

L'annonce suivait l'ordre donné par l'administration Trump à Anthropic de suspendre l'accès de "tout ressortissant étranger" à ses deux modèles les plus puissants, qui avait alarmé les Européens sur leur dépendance aux technologies américaines.

Sans citer ChapsVision, M. Karp a critiqué l'idée de confier "uniquement" à "des entreprises françaises" le déploiement de "modèles fermés" américains et chinois "sans couche applicative".

"L'environnement réglementaire n'aide manifestement pas l'Europe ni la France, et il vous faut une régulation qui aide vraiment", a-t-il ajouté.

Il assure ne pas parler dans l'intérêt des entreprises américaines, Palantir ayant "une très petite présence" et ne cherchant "pas vraiment à s'étendre", mais dans celui de la France, "culturellement le pays le plus important d'Europe" et "économiquement le deuxième".

"Qui aime bien châtie bien", s'est justifié, de nouveau en français, ce docteur en philosophie diplômé en Allemagne, qui dirige une entreprise cofondée en 2003 avec Peter Thiel, soutien de Donald Trump.

Interrogé sur la peur que suscite l'IA, il a reconnu "des inquiétudes légitimes", mais "on ne peut pas faire comme si les véritables interrogations techniques étaient la même chose que l'alarmisme".

Z.Aina--HStB