Laura Linney "secouée" par son rôle dans "Onwards and Sideways" sur la maladie de Parkinson
D'habitude Laura Linney laisse ses rôles sur le plateau, mais elle n'y est pas parvenue avec "Onwards and Sideways", un drame mâtiné d'humour sur deux personnes qui apprennent le même jour qu'elles ont la maladie de Parkinson.
"Ça m'a profondément secouée", raconte l'actrice américaine dans un entretien à l'AFP au Festival international du film de Toronto (TIFF).
"J'étais une personne différente en sortant du film. L'expérience est toujours présente", ajoute-t-elle.
Réalisé par John Madden ("Shakespeare in Love"), "Onwards and Sideways" (traduisible par : "En avant et de travers") suit les chemins croisés d'Emma (Laura Linney) et Tony (Rhys Ifans) qui apprennent le même jour d'un neurologue qu'ils souffrent de la maladie de Parkinson. Il leur prédit "cinq bonnes années".
Le long métrage, présenté en première dimanche au festival canadien qui se tient jusqu'au 20 septembre, n'a pas pour ambition d'être "une leçon sur ce que peut être la maladie", explique son réalisateur dans un entretien à l'AFP. Il cherche plutôt à aborder "ce qui peut arriver à ces deux personnes (...) parce que, soudain, on se retrouve happé par cette relation".
Madden, qui a reçu la première version du scénario il y a des années, estime qu'un diagnostic de Parkinson demeure fortement stigmatisé. "Quand on vous annonce ça, la réaction est toujours : +Oh non !+, parce qu'en grandissant, j'ai constaté que personne ne voulait en parler ni en entendre parler, car cela signifiait la fin de votre vie, alors que la maladie de Parkinson, ce n'est pas ça", insiste-t-il.
Le cinéaste britannique avait d'abord renoncé à participer au projet, car une personne de son entourage venait de se voir diagnostiquer cette maladie. Mais en l'ayant de nouveau entre les mains des années plus tard, il n'a pas pu résister au manuscrit de Paul Mayhew-Archer, lui-même atteint de la maladie.
"Le scénario était drôle. Non seulement drôle, mais parfois vraiment hilarant, et c'était comme s'il relevait une sorte de défi face à la situation qu'il avait à affronter", commente Madden.
Mayhew-Archer, qui joue également dans le film, estime que les "maladies graves n'ont pas besoin d'être traitées de manière grave en permanence. (...) Il y a de la comédie là-dedans, et si nous nous enfermons dans le malheur, nous ne faisons que nous nuire", déclare-t-il à l'AFP sur le tapis rouge de la première dans la ville canadienne.
- "Responsabilité" -
L'histoire a également marqué Rhys Ifans, qui interprète un instituteur qui, à la différence de l'exubérante Emma, cache son diagnostic. "Ça m'a changé", confie-t-il à l'AFP. "Je ne sais pas si cela m'a adouci, mais cela m'a aidé à prendre conscience de ma sensibilité innée".
Pour les deux acteurs, le scénario représentait aussi des défis physiques, afin de donner corps aux transformations que leurs personnages subissent au fil des années.
"De manière curieuse, et un peu bête, nous avons dit oui à ce projet, et tout à coup, nous nous sommes rendu compte (...) de la grande responsabilité qui nous incombe, parce que vous savez que vous représentez des personnes à qui l'on a diagnostiqué la maladie de Parkinson et qui la vivent au quotidien", explique Ifans.
"Nous voulions représenter une communauté de façon appropriée et respectueuse", renchérit Linney. Mais pour l'équipe d'"Onwards and Sideways", le film est avant tout une ode à la vie.
Mayhew-Archer, l'un des animateurs du podcast "Movers and Shakers" sur le quotidien des parkinsoniens, explique que le film ne cherchait pas seulement à mieux faire entendre la voix de cette communauté, mais aussi à faire un clin d'oeil aux malades.
"Si vous avez la maladie de Parkinson, ne paniquez pas, continuez simplement, continuez à être fort, lance-t-il. J'espère que les personnes atteintes gagneront en confiance et en force grâce à ce film, et qu'elles pourront rire".
X.Mahi--HStB