Boeing publie son premier bénéfice net annuel depuis 2018, grâce à une cession d'actifs
Le groupe aéronautique américain Boeing a publié mardi son tout premier bénéfice net annuel depuis 2018, à 1,89 milliard de dollars, grâce à un gain de près de 10 milliards de dollars lié à la cession de Digital Aviation Solutions.
En 2024, le groupe avait perdu 11,87 milliards de dollars, ce qui portait le total de ses pertes depuis 2019 à 35,74 milliards de dollars, selon un calcul de l'AFP.
Boeing a cumulé les difficultés depuis deux crashes du 737 MAX 8 en octobre 2018 et mars 2019, qui ont fait 346 morts au total, ainsi qu'un incident en vol en janvier 2014 sur un 737 MAX 9, qui n'a fait que des blessés légers, et une grève de plus de cinquante jours dans deux usines cruciales à l'automne 2024.
Les résultats trimestriels et annuels publiés mardi "illustrent le fait que nous sommes sur la bonne voie pour restaurer la confiance et retrouver le Boeing que tout le monde attend", a commenté Kelly Ortberg, patron de l'avionneur, dans un message adressé aux employés.
"Il y a beaucoup de choses grâce auxquelles nous pouvons faire preuve d'optimisme", a affirmé celui qui a pris les commandes du groupe en août 2024.
"Tandis que nous continuons à nous remettre en piste, nous devons rester concentrés sur l'objectif de livrer à nos clients des produits et des services sûrs, de haute qualité et dans les temps, à avancer dans les programmes à prix fixe de BDS (branche Défense et Espace, NDLR) et dans la certification du 737-7, du 737-10 et du 777X", ses nouveaux programmes d'aviation commerciale, a-t-il poursuivi.
Le groupe précise être désormais "dans la phase finale" de la certification du 737 MAX 10, dont les premières livraisons étaient initialement prévues pour 2023.
Concernant le nouveau gros porteur 777-9, les premières livraisons restent programmmées pour 2027, contre 2020 à l'origine.
- Rebond -
Au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires a atteint 23,95 milliards de dollars (+57% sur un an) et le bénéfice net 8,13 milliards de dollars, contre une perte de 3,92 milliards un an plus tôt.
Le consensus des analystes de FactSet prévoyait respectivement 22,60 milliards et un million de dollars.
Rapporté par action, le bénéfice net ressort à 10,23 dollars mais la cession a contribué à hauteur de 11,83 dollars.
Sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires ressort à 89,46 milliards (+34%).
Dans les échanges électroniques avant l'ouverture de la Bourse de New York, l'action Boeing cédait 1,84%.
Au quatrième trimestre, l'avionneur a dégagé une trésorerie opérationnelle de 1,3 milliard de dollars et un flux de trésorerie positif de 375 millions de dollars (négatif de 4,10 milliards un an plus tôt).
Ceci grâce à la hausse de ses cadences de production - avec notamment le relèvement du plafond mensuel imposé en 2024 par le régulateur FAA à celle du 737 MAX (passé de 38 à 42 en octobre) - et au rebond continu de ses livraisons.
Le 787 Dreamliner a poursuivi sa transition vers huit mensuels, contre cinq en 2024, avec l'objectif d'atteindre dix.
Boeing a en effet livré 600 avions en 2025, du jamais vu depuis 2018 quand il avait remis 806 avions à ses clients.
L'année a également été très fructueuse auprès de ses clients, avec 1.175 commandes brutes, soit 1.173 commandes nettes après annulations, conversions et ajustements comptables. Il a devancé son concurrent européen Airbus pour la première fois depuis 2018.
A fin décembre, le carnet de commandes de Boeing aviation commerciale (BCA) contenait 6.130 avions, soit une valeur record de 567 milliards de dollars. En incluant le carnet de commandes de sa branche BDS, elle grimpe à 682 milliards au total.
BDS a inscrit au quatrième trimestre une charge de 600 millions de dollars liée au programme de ravitailleurs militaires KC-46A, à cause de surcoûts de production et d'approvisionnement.
R.Pilialoha--HStB