Début attendu du procès de l'addiction aux réseaux sociaux à Los Angeles
La sélection du jury devait démarrer mardi à Los Angeles en préambule du procès très attendu de plusieurs géants des réseaux sociaux accusés d'avoir sciemment conçu leurs applications pour rendre les jeunes utilisateurs accro à leurs plateformes.
Initiée par une Californienne de 19 ans, identifiée dans le dossier sous les initiales K.G.M., la procédure est un test jugé déterminant pour ByteDance (maison mère de TikTok), Meta (Instagram et Facebook) ainsi qu'Alphabet (YouTube).
Jusqu'ici, tous avaient échappé à des poursuites grâce à un texte de loi qui écarte de fait leur responsabilité quant aux contenus publiés sur ces plateformes, la section 230 du Communications Decency Act.
K.G.M. et ses avocats ont adopté une stratégie alternative, insistant sur la conception même de ces réseaux sociaux, en particulier leurs algorithmes de recommandation calibrés pour prolonger au maximum le temps passé sur l'appli.
Arrivée sur YouTube à six ans, Instagtram à 11, Snapchat à 13 et TikTok à 14, la Californienne affirme avoir développé une addiction à ces sites, responsable, selon elle, d'avoir favorisé un état dépressif, de l'anxiété, des troubles de la perception du corps et des pensées suicidaires.
De nombreuses études ont mis en évidence, ces dernières années, les dégâts causés par les réseaux sociaux sur certains jeunes utilisateurs.
La plaignante n'a pas fixé le montant estimé de son préjudice et a seulement réclamé la tenue d'un procès devant un tribunal civil de l'Etat de Californie.
- Précédent -
Les débats pourraient être l'occasion d'un coup de projecteur sur les méthodes de grands acteurs de la tech, de plus en plus critiqués pour leur impact sur les jeunes internautes. Plusieurs dirigeants de premier plan devraient être auditionnés, notamment le PDG de Meta, Mark Zuckerberg.
Le procès, qui devrait durer de six à huit semaines, s'ouvre sur fond de mouvement d'ampleur pour réguler davantage ces plateformes, illustré par l'interdiction aux moins de 16 ans entrée en vigueur en Australie fin décembre.
Au débat concernant les réseaux sociaux traditionnels est venu se superposer celui sur les interfaces d'intelligence artificielle (IA) générative, eux aussi accusés de provoquer une addiction chez certaines jeunes.
L'issue du procès, dont les débats ne devraient démarrer que dans plusieurs jours une fois les jurés sélectionnés, aura valeur de précédent pour les très nombreuses procédures similaires en cours.
Deux autres dossiers doivent ainsi donner lieu chacun à un procès en avril et juin, tandis qu'un autre pourrait se tenir en 2026 devant le tribunal fédéral d'Oakland.
Egalement visée par K.G.M, la maison mère du réseau Snapchat, Snap, a préféré conclure un accord amiable avant le début du procès mais reste citée dans de nombreuses autres affaires.
Sous pression, plusieurs grands réseaux sociaux ont mis en place des mesures pour encadrer l'utilisation de leurs services par les mineurs.
Instagram a notamment lancé en 2024 les comptes pour adolescents, tandis que Snapchat, YouTube et TikTok ont également inclus des protections renforcées.
A.Kalani--HStB