Wall Street recule, sans être surprise par le candidat de Trump pour diriger la Fed
La Bourse de New York évolue en baisse vendredi, lestée par des résultats d'entreprises, mais ne s'est pas montrée surprise par le choix de Donald Trump de lancer Kevin Warsh à l'assaut de la présidence de Réserve fédérale (Fed).
Vers 15H00 GMT, le Dow Jones cédait 0,40%, l'indice Nasdaq 0,56% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,41%.
"Évidemment, la grande nouvelle de la matinée est la sélection de Kevin Warsh pour le poste de président de la Fed" par Donald Trump, commente auprès de l'AFP Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.
Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.
"Chaque fois qu'un changement de cette ampleur se produit, il suscite de nombreuses discussions sur sa signification", rappelle M. Sosnick.
"Nous avons pour diriger le poste plus important en matière de politique monétaire une personnalité connue, les marchés ne sont donc certainement pas surpris", ajoute-t-il.
Kevin Warsh, 55 ans, a été gouverneur de la banque centrale américaine à partir de 2006, jusqu'à sa démission en 2011.
Il n'est pas un économiste de formation mais juriste. Avant d'intégrer la Fed, il a été un des conseillers économiques du président George W. Bush, en charge notamment des marchés financiers, et a été un des dirigeants de la banque Morgan Stanley.
Pour Steve Sosnick, "ce qui est intéressant, c'est que lors de son précédent mandat à la Fed, il était en fait plutôt partisan d'une politique monétaire restrictive".
Mais Kevin Warsh a passé l'année 2025 à envoyer des signaux à la Maison Blanche en plaidant pour des diminutions de taux et en critiquant l'institution monétaire.
L'annonce du choix de ce profil pour mener la Réserve fédérale a été accueillie sans panique sur le marché de la dette. Vers 14H55 GMT, le rendement des emprunts de l'Etat américain à échéance 10 ans était de 4,24%, contre 4,23% à la clôture la veille.
Celui des emprunts à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, reculait de 3,56% à 3,54%.
Sur le plan des données économiques, l'indice des prix à la production (PPI) aux Etats-Unis a augmenté de 3% sur l'ensemble de l'année 2025, par rapport à 2024, un rythme encore assez élevé mais qui se tasse légèrement comparé à l'année précédente.
Pour Patrick O'Hare, de Briefing.com, la place américaine "est essentiellement freinée par la faiblesse du secteur des mégacapitalisations, notamment Apple".
La firme à la pomme a enregistré des résultats trimestriels très supérieurs aux attentes, portés par des ventes record de l'iPhone, son produit phare, et un regain de forme en Chine, mais voit ses prévisions assombries par la pénurie de composants.
"Elle ne nous a pas vraiment donné d'indications qui incitent à posséder des actions Apple", juge Steve Sosnick. Le titre reculait de 0,55% à 256,61 dollars vers 15H00 GMT.
Le géant pétrolier américain ExxonMobil reculalit de 0,67% à 169,38 dollars, après avoir publié des résultats contrastés pour le quatrième trimestre, notamment un recul de son bénéfice net.
Son concurrent Chevron (+0,97% à 172,78 dollars) résistait, malgré un recul de ses performances financières pour les trois derniers mois de 2025. L'entreprise s'est dite vendredi en discussions avec le Venezuela sur la question de l'exploitation de ses ressources pétrolières.
V.Pua--HStB