Honolulu Star Bulletin - Doutes sur une reprise des pourparlers irano-américains à l'approche de l'expiration de la trêve

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Doutes sur une reprise des pourparlers irano-américains à l'approche de l'expiration de la trêve

Doutes sur une reprise des pourparlers irano-américains à l'approche de l'expiration de la trêve

Les doutes subsistent mardi sur la reprise de discussions américano-iraniennes au Pakistan, en l'absence de confirmation officielle de l'envoi de délégations par les belligérants, qui multiplient les menaces mutuelles à l'approche de l'expiration de la trêve.

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En Iran, la télévision d'Etat a indiqué mardi que "jusqu'ici, aucune délégation iranienne n'était partie pour Islamabad". La participation aux négociations dépendra "du changement de comportement et de position" des Etats-Unis, a-t-elle ajouté, citant des responsables iraniens anonymes.

Côté américain, une source proche du dossier avait indiqué à l'AFP lundi à la mi-journée qu'une équipe de négociateurs devait décoller "bientôt" pour le Pakistan, mais aucune confirmation officielle n'a été obtenue depuis.

Entrée en vigueur le 8 avril, dans une guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient et ébranle l'économie mondiale, la trêve entre Washington et Téhéran doit se conclure "mercredi soir, heure américaine" a déclaré Donald Trump. L'échéance était initialement prévue dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Téhéran.

Le président américain, qui depuis le début de la guerre multiplie les ultimatums et les déclarations contradictoires, a ajouté, dans une déclaration à Bloomberg, qu'une extension du cessez-le-feu était "très improbable".

Si les revendications américaines ne sont pas satisfaites avant le terme de la trêve, "beaucoup de bombes exploseront", a-t-il encore averti sur la chaîne PBS.

Il a réaffirmé qu'il comptait maintenir le blocus sur les ports iraniens "tant qu'il n'y aura pas de +DEAL+" avec Téhéran, affirmant que l'Iran perdait "500 millions de dollars par jour, un chiffre intenable pour eux, même à court terme".

"Au moins 26 navires de la flotte fantôme iranienne ont contourné le blocus américain" depuis son instauration la semaine dernière, a toutefois dénombré lundi la société de données maritime Lloyd's List Intelligence.

Revenant sur le nucléaire, dossier déclencheur du conflit, M. Trump a déclaré sur son réseau Truth social que déterrer le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran serait un "processus long et difficile". Il avait affirmé vendredi que l'Iran avait accepté de remettre ses stocks, ce qu'a démenti Téhéran, qui nie vouloir se doter de l'arme atomique et défend son droit au nucléaire civil.

"Nous n'acceptons pas de négocier sous la menace et, au cours des deux dernières semaines, nous nous sommes préparés à abattre de nouvelles cartes sur le terrain", a de son côté affirmé sur X le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf.

- Savourer la trêve -

A Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi après plusieurs semaines, la vie a repris son cours, entre cafés bondés, sportifs et promeneurs en nombre dans les parcs.

Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, a savouré au maximum le répit apporté par la trêve.

"Je suis sortie sans me stresser, je me suis baladée, je suis allée dans les cafés, restaurants, ici et là", raconte la jeune femme, tête nue et piercing au nez - malgré les strictes règles vestimentaires de la République islamique -, rencontrée par l'AFP dans une rue de la capitale.

Babak Samiei, un ingénieur de 49 ans, a lui aussi essayé de "renouer le plus possible" avec ses habitudes, après "n'avoir rien fait pendant les 40 jours de la guerre". Il essaie de pas trop penser à l'après, prédisant que "la guerre recommencera probablement".

Mais pour Saghar, 39 ans, interrogée par une équipe de l'AFP basée à Paris, "il n'y a pas de lumière au bout du tunnel". "La situation économique est horrible. Ils (le pouvoir, NDLR) arrêtent des gens pour rien. Les exécutions se multiplient."

Un homme condamné pour l'incendie d'une mosqué au cours des manifestations en décembre et janvier, et accusé de collaboration avec les Etats-Unis et Israël, a été pendu mardi matin, a annoncé le site Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire.

- Discussions Israël-Liban -

Les cours du pétrole se repliaient mardi, après avoir de nouveau grimpé la veille en raison du regain de tensions dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, bloqué à la fois par l'Iran et par les Etats-Unis.

Sur l'autre front de la guerre qui a embrasé le Moyen-Orient, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban auront lieu jeudi à Washington, a annoncé la diplomatie américaine. Comme les premières du 14 avril, elles se tiendront au niveau des ambassadeurs.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, que les deux parties se sont accusées de violer.

Israël entend désarmer le Hezbollah par des moyens "militaires et diplomatiques", a affirmé mardi le ministre de la Défense, Israël Katz.

Selon un nouveau bilan officiel, 2.387 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

burs-cf/cab

S.Halia--HStB