Allemagne : traque d'un suspect islamiste dans l'attaque meurtrière à la gay pride de Berlin
La police allemande traque dimanche un homme de 21 ans et islamiste présumé soupçonné d'avoir foncé à bord d'un véhicule sur la foule de la gay pride de Berlin la veille au soir, faisant au moins un mort et 16 blessés.
Le suspect serait lié "au milieu islamiste" et pourrait être armé et dangereux, selon la police.
Selon les sites du magazine Der Spiegel et du quotidien Bild, Abdul B. avait tenté de rejoindre le groupe jihadiste Etat islamique en Syrie en 2025 mais avait été arrêté au Liban.
Ressortissant allemand, il avait été renvoyé dans son pays où il avait été condamné en 2026, dans un autre dossier selon ces médias, pour "préparation d'un acte de violence grave mettant en danger la sécurité de l'État".
La police était en outre déployée dimanche dans un immeuble situé à un kilomètre du lieu de l'attaque, a constaté un photographe de l'AFP. Selon Bild, c'est là que le suspect vivait.
L'incident a coupé court à ce qui avait été une journée de fête pour des centaines de milliers de personnes.
- Le déroulement de l'attaque -
Selon la police, un véhicule blanc a foncé dans des passants, avant de percuter un arbre. Le suspect a pris la fuite.
"Une ou plusieurs" personnes sont ensuite sorties du véhicule avant de prendre la fuite. La police précise que plusieurs personnes ont également été blessées à l'arme blanche.
Un porte-parole des pompiers a indiqué qu'une personne était décédée et que 16 autres avaient été blessées, dont trois grièvement.
Le véhicule utilisé lors de l'attaque est un monospace de marque Citroën et de modèle Spacetourer, immatriculé à Berlin. Il était visible dimanche sur les lieux, fortement endommagé par le choc contre un arbre.
Des rangées de policiers passaient le terrain au peigne fin près de la voiture à la recherche d’indices.
Malgré une fouille du parc y compris à l'aide d'hélicoptères équipés de caméras thermiques, la police n'a pas réussi à localiser le suspect.
- Le suspect -
Selon la police, le principal suspect est Abdul B., âgé de 21 ans, mince, mesurant environ 1,90 mètre, aux cheveux noirs et vêtu d’un sweat à capuche noir et d’un pantalon blanc.
La police précise qu'il ne faut en aucun cas l'approcher ou le contacter directement, car il pourrait être armé et dangereux.
- "Acte abominable" -
Des responsables politiques allemands et étrangers ont été prompts à réagir.
Le maire de Berlin, Kai Wegner, a condamné une attaque "brutale" contre "le rassemblement d'un Berlin tolérant et pacifique".
Le chancelier Friedrich Merz a déclaré dimanche à l’aube que le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, et lui-même étaient tenus informés de l’avancée de l'enquête et s’est engagé à traduire en justice les responsables de cet "acte abominable".
Le président Frank-Walter Steinmeier s'est dit "bouleversé et indigné" par cette attaque contre "notre société ouverte".
Des messages de solidarité ont également afflué de l'étranger, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, déclarant que la CSD "incarne l
a liberté, la dignité et l'égalité des droits — les valeurs fondatrices de l'UE".
"Chacun devrait pouvoir vivre sans crainte, aimer et défendre ses droits", a-t-elle ajouté.
Sur les réseaux sociaux, des membres de la communauté LGBTQ de Berlin ont annoncé qu'une veillée serait organisée dimanche à 14H00, heure locale, devant la porte de Brandebourg, afin que chacun puisse rendre hommage aux victimes de l'attaque.
- Mauvais souvenirs -
Cette attaque a ravivé le souvenir d'une série d'actes similaires qui ont secoué l'Allemagne ces dernières années et attisé le débat sur l'immigration, plusieurs des auteurs étant d'origine étrangère.
L'attaque la plus meurtrière de ces dernières années a été celle perpétrée en décembre 2016 sur un marché de Noël à Berlin par un Tunisien aux motivations jihadistes. Elle avait fait 13 morts.
La période précédant les élections législatives de l'année dernière a été marquée par une vague d'attaques dans des lieux publics, notamment perpétrées par des assaillants islamistes.
L'incident le plus grave de cette période a été une attaque à la voiture bélier sur un marché de Noël très fréquenté de la ville de Magdebourg, dans l'est du pays, qui a fait six morts et plus de 300 blessés.
Le mois dernier, un psychiatre saoudien et militant anti-islam, Taleb Jawad al-Abdulmohsen, a été condamné à la prison à perpétuité pour cette attaque.
C.Keone--HStB