Trump, pressé de faire baisser les prix, lève temporairement les taxes sur le boeuf importé
Un geste pour les consommateurs américains, une mauvaise nouvelle pour les éleveurs: Donald Trump, malgré sa promesse de privilégier toujours la production "made in USA", va suspendre temporairement les taxes sur certaines importations de boeuf, dans l'espoir de faire baisser les prix.
"Nous voulons faire baisser les prix du boeuf, donc nous allons les baisser un peu, c'est ce que les gens veulent. C'est ce que les électeurs veulent", a dit vendredi le président américain.
"Les éleveurs sont super. Ce sont mes gars. J'aime les éleveurs", a-t-il ajouté, dans un échange avec la presse près de Washington avant de s'envoler pour un déplacement dans le sud-est.
Le coût de la vie est l'une des principales préoccupations des électeurs à l'approche de législatives très importantes en novembre, et l'opposition démocrate martèle que Donald Trump, avec ses droits de douane à tout-va et sa guerre contre l'Iran, est le principal responsable de la vie chère.
Dans le détail, les taxes sur l'importation de 300.000 tonnes de boeuf destinées à être vendues hachées vont être suspendues dans les 90 prochains jours, a annoncé le président américain sur son réseau Truth Social.
Donald Trump a affirmé que la viande importée serait vendue "à un prix inférieur de 25% aux prix actuellement pratiqués sur le marché".
- "Douche froide" -
Il s'agit d'une "douche froide pour l'objectif d'augmenter le cheptel américain", a dénoncé Colin Woodall, patron de l'Association nationale des éleveurs de boeuf, dénonçant dans un communiqué une décision "qui sacrifie une stabilité de long terme pour de la communication de court terme."
Les Etats-Unis sont parmi les plus gros consommateurs de boeuf au monde, avec un peu plus de 23kg par habitant en 2025, selon les données de l'OCDE.
Or les prix de cette viande se sont envolés depuis la pandémie de Covid-19. Sur les douze derniers mois, ils ont encore grimpé de 10%, une hausse qui reflète à la fois une baisse de l'offre, une hausse des coûts des éleveurs et l'effet de la sécheresse dans les principales régions productrices.
Le président américain n'a toutefois pas précisé les pays d'où elle proviendrait.
La perspective d'une arrivée de boeuf étranger bon marché fait bondir dans les Etats américains où se concentre l'élevage, qui sont presque toujours conservateurs.
Deb Fischer, sénatrice républicaine du Nebraska (centre), s'est dite "extrêmement déçue de cette décision de la Maison Blanche".
"Inonder le marché avec du boeuf étranger va faire du mal à nos élevages et affaiblir la solution de long terme: augmenter le cheptel américain pour atteindre le niveau de la demande", a-t-elle ajouté.
- Boeuf mexicain et argentin -
Donald Trump a promis pendant sa campagne de mettre "l'Amérique d'abord", mais sa politique protectionniste, censée permettre une relance industrielle et agricole grâce à des droits de douane sur les produits importés, est mise à mal par l'inflation persistante.
Sur le boeuf, son gouvernement avait déjà pris plusieurs mesures facilitant les importations.
Il avait ainsi exempté fin juillet le boeuf brésilien d'une surtaxe de 25% appliquée à certaines importations du Brésil.
Toujours fin juillet, le ministère américain de l'Agriculture avait annoncé la reprise prochaine des importations de bétail mexicain, suspendues depuis plus d'un an pour des raisons sanitaires.
En début d'année, Donald Trump avait également signé un décret favorisant l'entrée de davantage de boeuf argentin dans le pays.
Le président américain a accentué aussi la pression sur les grandes entreprises américaines du secteur, les accusant de pratiques anticoncurrentielles pénalisant à la fois les éleveurs et les consommateurs.
I.Pumehana--HStB