Les marchés financiers évoluent au gré des turbulences politiques, Sao Paulo jubile
Les marchés mondiaux évoluent au gré des turbulences politiques lundi, entre incertitudes budgétaires en France, élections anticipées en Espagne, et résultats du premier tour de la présidentielle au Brésil, salués par la Bourse de Sao Paulo.
En Europe, les Bourses ont terminé dispersées: Francfort est restée stable (+0,09%) Londres a pris 0,34%,et Milan 0,66%.
Paris a particulièrement cédé du terrain (-0,80%), plombée par la chute de son poids lourd Schneider Electric (-9,97%) et par les incertitudes liées à la situation budgétaire et politique en France.
"Le marché ne croit pas que le gouvernement français mettra en œuvre les réformes budgétaires nécessaires", estime Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
Paris a présenté jeudi dernier son projet de budget 2027, avec l'ambition de "redresser" les finances publiques par des mesures d'économies, mais son adoption au Parlement est incertaine en raison de l'absence de majorité.
Or, la France fait déjà face à un déficit et une dette par rapport au PIB parmi les plus élevés en Europe. Pour les marchés, "seul un accord budgétaire convaincant apporterait un soulagement", estime Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
Les difficultés françaises commencent désormais à plomber la monnaie unique européenne, qui a atteint dans la matinée un plus bas depuis mai 2025 face au billet vert, à 1,1161 dollar pour un euro. Vers 15H50 GMT, elle était à 1,1211 dollar pour un euro (-0,39%).
La devise souffre par ailleurs du "différentiel de croissance entre l'Europe et les Etats-Unis", explique David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.
Par ailleurs, "l'Espagne s'apprête à faire face à des élections anticipées, ce qui ne fait qu'accroître les doutes (sur la zone euro NDLR) chez les investisseurs", explique Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a convoqué lundi un vote pour le 29 novembre, un pari pour reprendre l'initiative politique et se maintenir au pouvoir après le rejet par les députés de ses mesures pour mettre un terme à la crise du logement.
Dans ce contexte, les dettes des États européens restent perchées à un haut niveau. Le taux d'intérêt à échéance dix ans de l'Allemagne, référence sur le continent, atteignait 3,48% dans les derniers échanges, contre 3,46% en clôture vendredi dernier.
Son équivalent français restait globalement stable par rapport à la veille, à 4,86%.
Les bons du Trésor américains à dix ans grimpaient eux à 5,31% contre 5,27% vendredi.
Côté pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, cédait 0,41%, à 101,83 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate lâchait 0,67% à 90,50 dollars.
A New York, vers 15H50 GMT, le Dow Jones cédait 0,01%, le Nasdaq avançait de 0,78% et l'indice élargi S&P 500 prenait 0,51%.
- Sao Paulo jubile -
La Bourse de Sao Paulo s'envolait de 8% lundi après le premier tour de l'élection présidentielle au Brésil qui a vu dimanche arriver en tête le conservateur Flavio Bolsonaro, fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro.
"Le résultat augmente la probabilité d'une orientation politique plus favorable aux marchés, fondée sur la consolidation budgétaire, les réformes économiques et un rapprochement avec les États-Unis", explique Thomas Haugaard, gérant de portefeuille chez Janus Henderson.
Les entreprises brésiliennes cotées à Wall Street décollaient également. Vers 15H50 GMT, le groupe pétrolier Petrobras flambait de 8,72% et le groupe bancaire Itau Unibanco de 11,44%.
L'indice espagnol Ibex, dont beaucoup de valeurs sont liées à l'Amérique latine et au Brésil, a pris 1,12%. Les groupes bancaires Santander (+4,52%) et Banco de Sabadell (+1,80%) ont ainsi grimpé.
- Schneider plonge après un rachat historique, PTC flambe -
Le géant français Schneider Electric va racheter l'américain PTC, concepteur de logiciels basé à Boston (Massachusetts), pour lequel il va débourser plus de 20 milliards d'euros, signant ainsi la plus importante acquisition de son histoire.
Le titre de l'entreprise a plongé de 9,97% à Paris à 272,80 euros. Au contraire, PTC flambait de plus de 34% à Wall Street.
"L'opération va diluer l'activité de gestion de l'énergie et de centres de données que le marché veut détenir", selon les analystes de Jefferies.
Ces activités sont fortement bénéficiaires, car elles profitent de la demande massive et des milliards de dollars d'investissements des géants de la tech pour financer les infrastructures sur lesquelles sont développées les IA.
W.Kalua--HStB