Honolulu Star Bulletin - Argentine : une manifestation pour défendre l'université dérape en heurts avec la police

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Argentine : une manifestation pour défendre l'université dérape en heurts avec la police
Argentine : une manifestation pour défendre l'université dérape en heurts avec la police / Photo: Emiliano Lasalvia - AFP

Argentine : une manifestation pour défendre l'université dérape en heurts avec la police

Des heurts ont opposé jeudi après-midi à Buenos Aires des protestataires aux forces de l'ordre, en marge d'une manifestation pour la défense de l'université publique face à l'austérité budgétaire du gouvernement Milei, a constaté l'AFP.

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Avant même la fin de la manifestation, qui rassemblait plusieurs milliers de personnes aux abords du Parlement, des groupes de manifestants, pour beaucoup en capuche, ont jeté pierres, morceaux de mobilier urbain et projectiles divers en direction des policiers, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et canons à eau.

Avant ces accrochages, la manifestation avait rassemblé sans incident étudiants, enseignants, syndicats mais aussi partis d'opposition, pour défendre le financement de l'université, cinquième mobilisation sur ce thème sous la présidence de l'ultralibéral Javier Milei.

Aidés par une pluie devenue battante, les policiers s'évertuaient en fin d'après-midi à dégager la vaste place du Parlement, en partie jonchée de pierres.

Les heurts, principalement à distance et sans contact rapproché, ont duré un peu plus d'une heure.

Des médias ont fait état de blessés, des images montrant notamment un policier touché ou des manifestants affectés par les lacrymogènes, mais aucun bilan officiel n'était immédiatement disponible.

"Prenons la rue comme en France !", clamait une banderole tenue par une jeune manifestante, non impliquée dans les accrochages, en référence aux manifestations de lycéens.

"Les mêmes violents de toujours. Ils veulent imposer le chaos, défier les forces de sécurité et transformer les rues en zone de non-droit", a dénoncé dans l'après-midi sur X la ministre de la Sécurité Alejandra Monteoliva. "Le droit de manifester n'est pas une autorisation d'exercer la violence", a-t-elle ajouté.

- "L'université est un droit" -

Après celle de mai, la manifestation de jeudi marquait la cinquième importante mobilisation nationale pour l'université depuis l'arrivée au pouvoir de Javier Milei en décembre 2023.

La première, massive, en avril 2024, avait contraint l'exécutif à une marche arrière et un déblocage de fonds.

Le bras de fer se poursuit entre le gouvernement et les universités : une "loi de financement universitaire" adoptée par le Parlement en 2025, et revalidée malgré un veto présidentiel, requiert l'ajustement des salaires enseignants à l'inflation depuis décembre 2023, la revalorisation des bourses et des fonds de fonctionnement.

Selon une étude de la première université du pays, l'Université de Buenos Aires (UBA), les ressources universitaires ont perdu 40,5% en termes réels entre le premier semestre 2023 et le premier semestre 2026.

Les coupes budgétaires "se font énormément sentir, soit avec des enseignants qui s'en vont parce que leur salaire ne suffit plus, ou pour l'entretien de l'université, le manque de salles de cours, de créneaux, des choses qui se cassent et qu'on ne peut réparer", a déclaré à l'AFP dans la manifestation Victoria Coronel, étudiante à l'Université de La Matanza.

Dans le rassemblement avant les accrochages, les banderoles et pancartes "L'université est un droit, pas un privilège", "Milei, applique la loi" (de financement des universités, NDLR) voisinaient avec des "Les Malouines sont argentines", "Yankees hors d'Amérique latine" ou d'autres slogans hostiles à la politique gouvernementale.

Des décisions de justice ont ces derniers mois enjoint l'exécutif à appliquer ces ajustements validés par les parlementaires pour le financement de l'université. Il s'y refusait, soutenant qu'ils mettaient en péril l'équilibre budgétaire et que la loi sortait du cadre général du budget. Il n'y a toujours pas procédé.

"Il est faux de dire que cette loi (de financement universitaire) n'est pas respectée", a défendu cette semaine le porte-parole présidentiel. La loi "est interrompue, il y a une décision de justice et (...) l'action du gouvernement face à cette décision n'est pas encore définie".

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M.Akona--HStB