Honolulu Star Bulletin - Budget britannique : Londres taxe les banques pour mieux soutenir les ménages

Honolulu -
Budget britannique : Londres taxe les banques pour mieux soutenir les ménages
Budget britannique : Londres taxe les banques pour mieux soutenir les ménages / Photo: Henry NICHOLLS - AFP

Budget britannique : Londres taxe les banques pour mieux soutenir les ménages

Le gouvernement travailliste d'Andy Burnham a annoncé mercredi le rehaussement d'une surtaxe sur les banques afin de financer des aides ciblées aux ménages, notamment face à leurs factures d'énergie, lors de la présentation de son premier budget.

Taille du texte:

"Au milieu des tempêtes économiques mondiales, je compte sur nos banques pour aider à financer un peu de répit pour les familles britanniques", a déclaré le ministre des Finances John Healey, chargé de présenter les plans de l'exécutif devant les députés.

Instaurée à 8 % en 2016, puis ramenée à 3 % en 2023, cette surtaxe passera à 6 % pendant quinze mois dès janvier, pour 1,5 milliard de livres (1,79 milliard d'euros) de recettes supplémentaires attendues.

Cette hausse, moins forte que ne le craignaient les banques, a fait grimper les actions de la plupart des établissements cotés à Londres, dont Barclays et NatWest.

Les nouvelles recettes contribueront notamment à financer une aide directe de 100 livres à quelque 20 millions de foyers en Angleterre pour compenser une partie des hausses de prix de l'énergie cet hiver.

Destinée aux foyers vivant dans des logements de valeur modeste ou moyenne, cette aide sera versée "directement sur [leur] compte bancaire", a promis le ministre.

John Healey a également prolongé jusqu'à fin juin les réductions de taxes sur les carburants et annoncé la suppression des frais fixes sur les factures de gaz l'an prochain. La suppression de la TVA sur l'électricité, en vigueur depuis octobre, sera par ailleurs prolongée jusqu'à l'été prochain.

- "Approche prudente et stable" -

Dans son discours, le ministre a évoqué les "tensions commerciales", "l'invasion illégale de l'Ukraine par Poutine" et la guerre au Moyen-Orient pour décrire les chocs auxquels est confrontée l'économie britannique.

L'Office for Budget Responsibility (OBR), l'organisme chargé de surveiller les finances publiques, a d'ailleurs abaissé mercredi sa prévision de croissance pour 2027 à 1 %, contre 1,6 % en mars, mais légèrement relevé celle de 2026, à 1,2 %, contre 1,1 % précédemment.

Soucieux de rassurer les marchés, le ministre a affirmé que "la discipline budgétaire" constituait son "premier engagement" et souligné que la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement s'élèverait à 15 milliards de livres à l'horizon 2029-2030.

Interrogé mercredi après-midi, Andy Burnham a lui revendiqué "une approche prudente et stable".

Parmi les autres annonces figurent une hausse du salaire minimum de 3,9 %, légèrement supérieure à l'inflation, ainsi que des mesures peu coûteuses comme la réduction de certains droits de douane sur plus de 100 produits importés, comme les cornichons ou le chocolat.

- "4 pence de moins sur les cornichons" -

"Le Premier ministre est arrivé en promettant de revenir sur 40 ans de néolibéralisme. Au lieu de cela, nous avons eu 4 pence de moins sur les cornichons", a raillé la cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch.

"Malheureusement, comme pour tous les autres budgets travaillistes, le titre reste le même : plus d'emprunts, plus de hausses d'impôts et, sans surprise, plus d'argent pour les allocations", a-t-elle ajouté.

John Healey s'est par ailleurs engagé à porter à 3 % du PIB les dépenses de défense en 2030, un sujet particulièrement sensible pour lui, qui avait démissionné du ministère de la Défense dans le précédent gouvernement de Keir Starmer, jugeant les financements insuffisants.

Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a salué une "bonne nouvelle". Mais cet objectif et la trajectoire vers 3,5 % en 2035 ne seront détaillés qu'à la revue des dépenses de l'an prochain.

Concernant l'Ukraine, le ministre a annoncé un soutien économique et militaire supplémentaire de 10 milliards de livres, reposant notamment sur des prêts et des garanties de financement à l'exportation, et 500 millions de livres d'aide militaire d'urgence pour cet hiver.

"Nous adressons aujourd'hui un message clair à Moscou : le Royaume-Uni restera aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra", a-t-il déclaré.

B.Kekoa--HStB