Honolulu Star Bulletin - Yémen: les troupes soutenues par l'Arabie saoudite regagnent du terrain dans le sud pétrolier

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Yémen: les troupes soutenues par l'Arabie saoudite regagnent du terrain dans le sud pétrolier
Yémen: les troupes soutenues par l'Arabie saoudite regagnent du terrain dans le sud pétrolier / Photo: - - ADEN INDEPENDENT CHANNEL (AIC TV)/AFP

Yémen: les troupes soutenues par l'Arabie saoudite regagnent du terrain dans le sud pétrolier

Les troupes soutenues par l'Arabie saoudite ont progressé samedi, selon des responsables militaires, dans la province riche en ressources naturelles d'Hadramout, dans le sud du Yémen, où elles affrontent des forces séparatistes appuyées par les Emirats arabes unis.

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Les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC) se sont emparés en décembre de vastes territoires, notamment dans cette région riche en pétrole, provoquant en riposte des frappes meurtrières de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite.

Mais deux responsables militaires du gouvernement yéménite ont déclaré samedi à l'AFP que les forces appuyées par Ryad avaient pris le contrôle de la principale base militaire d'al-Mukalla, capitale de la province d'Hadramout, frontalière avec l'Arabie saoudite.

Des tirs ont été entendus tôt samedi dans cette ville récemment conquise par les séparatistes, les forces soutenues par l'Arabie saoudite semblant avancer sans rencontrer beaucoup de résistance, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Un responsable militaire du gouvernement yéménite a en outre affirmé que les forces pro-saoudiennes avaient pris le contrôle de l'aéroport, visé par des frappes vendredi, ainsi que des bâtiments administratifs de la ville de Seyoun, à 160 kilomètres au nord-ouest d'al-Mukalla.

"Nous nous efforçons de les sécuriser", a-t-il ajouté.

Un dirigeant militaire du STC a admis que ses forces avaient procédé "à un retrait complet des zones d'al-Khasha... en raison de la pression exercée par les frappes aériennes saoudiennes".

"Nous résistons aux forces attaquantes à Seyoun", a-t-il en revanche affirmé.

Des habitants de Seyoun ont fait état de coups de feu et d'affrontements tôt samedi dans leur ville.

Des frappes aériennes de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite contre des bases militaires séparatistes à al-Khasha et Seyoun, dans la province d'Hadramout, avaient tué vendredi 20 combattants séparatistes yéménites, selon un responsable militaire du STC.

Il s'agissait des premières pertes humaines infligées au STC depuis ses conquêtes en décembre.

- Appel au dialogue -

L'Arabie saoudite a invité samedi "toutes les factions du sud" du Yémen à un "dialogue" à Ryad pour mettre fin aux affrontements qui opposent les séparatistes et les autres membres de la coalition gouvernementale.

Elle prône une réunion pour trouver "des solutions justes" qui "satisferont les aspirations légitimes du peuple du Sud", selon le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Les Emirats arabes unis, qui ont retiré vendredi leurs dernières forces présentes au Yémen, ont exhorté samedi les Yéménites à "résoudre leurs différends par le dialogue".

Quant aux séparatistes, ils avaient annoncé la veille engager un processus de deux ans pour établir un Etat dans le sud du pays le plus pauvre de la péninsule arabique, dévasté par des années de guerre.

Le président du STC, Aidarous al-Zoubaidi, a appelé la communauté internationale à parrainer un "dialogue" entre les différentes parties, avertissant que le groupe déclarerait "immédiatement" l'indépendance si l'appel au dialogue n'était pas entendu ou si le sud du Yémen était de nouveau l'objet d'"agressions militaires".

Une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990 dans le sud du Yémen.

Les conquêtes des séparatistes - qui font pourtant partie du gouvernement yéménite - ont suscité la colère des autres factions gouvernementales et de Ryad, attisant les tensions entre l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

La coalition dirigée par Ryad a été mise en place en 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite face aux rebelles houthis, soutenus par l'Iran, qui se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014, puis de larges pans du nord du pays.

Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée dans ce conflit, qui a fait des centaines de milliers de morts, morcelé le pays et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde.

L.Kekai--HStB