Des bulldozers israéliens démolissent des bâtiments au siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est
Des bulldozers israéliens ont commencé mardi à démolir sans avertissement préalable des bâtiments du siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonçant une "attaque sans précédent".
Des forces israéliennes ont "pris d'assaut" le complexe peu après 07h00, a dit à l'AFP un porte-parole de l'Unrwa, Jonathan Fowler, précisant qu'elles avaient forcé les gardes de sécurité à quitter le site.
Le complexe n'est plus occupé par les salariés de l'Unrwa depuis l'interdiction il y a un an de ses activités par Israël, qui accuse cette agence de liens avec le Hamas.
Israël occupe Jérusalem-Est depuis 1967 - une annexion jugée illégale par l'ONU - et considère donc que l'interdiction s'applique aussi sur cette partie de la ville.
Sur place, un photographe de l'AFP a vu des engins de chantier démolir au moins un bâtiment du complexe, au-dessus duquel flottait un drapeau israélien. Il a également vu des responsables politiques israéliens sur les lieux.
"Il s'agit d'une attaque sans précédent contre l'Unrwa et ses locaux, elle constitue une violation grave du droit international et des privilèges et immunités des Nations unies", a affirmé M. Fowler.
"Cela devrait nous servir de signal d'alarme", a-t-il ajouté, "ce qui arrive aujourd'hui à l'Unrwa peut arriver demain à n'importe quelle autre organisation internationale ou mission diplomatique".
Le directeur de l'Unrwa en Cisjordanie (dont dépend Jérusalem-Est), Roland Friedrich, interrogé par l'AFP, y a vu une nouvelle démarche politique" et une "intention" probable de "s'emparer des terrains pour construire des colonies".
- "Aucune immunité" -
"La mesure d'aujourd'hui ne constitue pas une nouvelle politique, mais plutôt la mise en oeuvre de la législation israélienne existante concernant +l'Unrwa-Hamas+", a déclaré le ministère des Affaires étrangères israélien.
Les autorités israéliennes ont accusé des employés de l'agence d'avoir participé à l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande Gaza.
L'ONU avait annoncé en août 2024 avoir limogé neuf de ses employés à Gaza, indiquant qu'ils pourraient avoir été impliqués, tout en précisant que leur commission d'enquête n'avait pas pu authentifier les renseignements utilisés par Israël pour fonder ses allégations.
Le complexe "ne bénéficie d'aucune immunité et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international", a aussi soutenu la diplomatie israélienne, affirmant que le complexe "appartenait à l'Etat d'Israël".
Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, s'est rendu sur place pour saluer "un jour historique, un jour de célébration, et un jour très important pour la gouvernance à Jérusalem".
"Pendant des années, ces soutiens au terrorisme étaient ici, et aujourd'hui ils sont chassés d'ici avec tout ce qu'ils ont construit dans cet endroit, c'est ce qui arrivera à quiconque soutient le terrorisme", a ajouté cette figure de l'extrême droite dans un communiqué publié sur Telegram.
Créée en 1949, l'Unrwa gère des centres de santé et des écoles destinés aux réfugiés palestiniens dans les Territoires palestiniens, au Liban, en Syrie et en Jordanie.
Début décembre, l'Urnwa avait déjà dénoncé la saisie par les autorités israéliennes de biens sur le même site, alors que la police avait indiqué à l'AFP relever d'une opération de recouvrement de dettes.
Le chef de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sont considérés persona non grata en Israël.
U.Kawena--HStB