Kim annonce que la Corée du Nord dévoilera bientôt ses futurs plans de dissuasion nucléaire
La Corée du Nord a annoncé mercredi qu'elle dévoilerait "la prochaine étape" de ses plans de dissuasion nucléaire lors du congrès du parti au pouvoir attendu en ce début d'année, au moment où les craintes d'un renversement du régime se renforcent à Pyongyang.
Le pays reclus accuse depuis des décennies les Etats-Unis de vouloir faire tomber ses dirigeants, comme Washington l'a fait au début du mois avec le Vénézuélien Nicolas Maduro, et affirme que ses programmes d'armements, nucléaire compris, sont destinés à les en dissuader.
Deux jours après la capture de Maduro, le leader nord-coréen Kim Jong Un justifiait ainsi un énième tir de missiles par la "crise géopolitique et les événements internationaux complexes" alors en cours, auxquels sont venues s'ajouter des menaces militaires du président américain Donald Trump contre l'Iran pour sa répression meurtrière d'un vaste mouvement de contestation.
Lors de son congrès, le premier en cinq ans, le Parti des travailleurs nord-coréen "clarifiera les plans pour la prochaine étape visant à renforcer la force de dissuasion nucléaire du pays", a annoncé Kim Jong Un, selon des propos rapportés mercredi par l'agence d'Etat KCNA et datant de la veille.
"Kim Jong Un s'est déjà servi de congrès passés pour mettre l'accent sur la finalisation de la capacité nucléaire du pays, et cette fois il devrait dire que cette capacité a maintenant atteint son sommet", explique à l'AFP Lee Ho-ryung, chercheuse principale à l'Institut coréen pour les analyses de défense.
- "Profonde souffrance morale" -
Mardi, le dirigeant, flanqué de hauts responsables, avait supervisé le test d'un lance-roquettes multiple de "gros calibre", qui a tiré quatre projectiles, d'après KCNA.
Tout en reconnaissant que le développement de cette arme n'avait pas été sans difficultés, Kim Jong Un a jugé que cet essai était "d'une grande importance pour l'amélioration de l'efficacité" de la "dissuasion stratégique" nord-coréenne. Les quatre projectiles ont atteint une cible située à plus de 358 kilomètres de distance, a-t-il affirmé.
Séoul et Tokyo ont indiqué qu'ils avaient été lancés en direction de la mer du Japon. Deux se sont abîmés en dehors de la zone économique exclusive de ce pays, selon l'agence locale Jiji Press, citant des sources au ministère de la Défense nippon.
"Le résultat et la portée de cet essai seront sources d'une profonde souffrance morale et d'une menace sérieuse pour les forces qui tenteraient de provoquer une confrontation militaire avec nous", a assuré Kim Jong Un.
Ce test était le deuxième du mois pour Pyongyang, après une salve de missiles tirés le 4 janvier, quelques heures avant le départ du dirigeant sud-coréen Lee Jae Myung pour un sommet en Chine.
Il intervenait également au lendemain d'une visite à Séoul du numéro trois du Pentagone, Elbridge Colby, qui a qualifié la Corée du Sud d'"alliée modèle".
Pyongyang a multiplié ses essais militaires ces dernières années. Des analystes estiment que cette campagne a pour but d'améliorer ses capacités de frappe de précision, de défier les Etats-Unis et la Corée du Sud, et de tester des armes avant d'éventuellement les exporter vers la Russie.
L.Moana--HStB