Honolulu Star Bulletin - Présidentielle au Pérou: démission du chef de l'organisme électoral après des dysfonctionnements

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Présidentielle au Pérou: démission du chef de l'organisme électoral après des dysfonctionnements
Présidentielle au Pérou: démission du chef de l'organisme électoral après des dysfonctionnements / Photo: ERNESTO BENAVIDES - AFP

Présidentielle au Pérou: démission du chef de l'organisme électoral après des dysfonctionnements

Le chef de l'organisme électoral péruvien (ONPE), Piero Corvetto, a démissionné mardi de ses fonctions après de graves dysfonctionnements lors de la présidentielle du 12 avril, dans un contexte de contestations et de résultats définitifs toujours attendus.

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Après sa démission, il s'est rendu au parquet, où il était convoqué dans le cadre de l'enquête ouverte sur les dysfonctionnements du scrutin.

Il y a remis volontairement son passeport, alors que des informations de presse faisaient état de son intention de quitter le pays.

Des retards dans l'acheminement du matériel électoral ont empêché plus de 50.000 électeurs de voter, contraignant les autorités à prolonger d'une journée le scrutin.

"Après les problèmes techniques survenus lors du déploiement du matériel électoral (...), je considère nécessaire et urgent de démissionner", a ajouté M. Corvetto, évoquant des "problèmes techniques opérationnels".

La mission d'observation de l'Union européenne a fait état de "graves défaillances", tout en affirmant n'avoir relevé "aucune preuve objective" de fraude, une accusation lancée par l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga.

Donnée qualifiée pour le second tour le 7 juin, la candidate de droite Keiko Fujimori devance le candidat de gauche radicale Roberto Sanchez et Rafael Lopez Aliaga, au coude-à-coude pour la deuxième place, séparés par à peine quelque 15.000 voix en faveur de Roberto Sanchez.

- Réactions contrastées -

"A l'approche du second tour, c'est une bonne nouvelle pour le Pérou que cet homme ait décidé de se retirer", a déclaré Mme Fujimori à des journalistes lors d'un événement public.

Du côté de Rafael Lopez Aliaga, sa candidate à la vice-présidence Norma Yarrow a estimé que "les responsables, qui ont trahi la patrie, doivent assumer les conséquences du coup porté à notre démocratie avec des élections totalement opaques".

A l'inverse, le parti de Roberto Sanchez a dénoncé dans un communiqué une démission résultant d'"une perverse opération médiatique" visant à "imposer un récit de fraude".

Le Jury national électoral (JNE), plus haute autorité électorale du pays, estime que les résultats définitifs ne seront pas connus avant le 15 mai, même si près de 94% des suffrages ont déjà été dépouillés.

Une grande partie des procès-verbaux restant à traiter présentent des anomalies et doivent être examinés par des jurys électoraux.

Des bulletins retrouvés dans une poubelle ont également entaché le processus électoral, alimentant la défiance envers des institutions déjà fragilisées.

Le JNE a par ailleurs déposé une plainte contre M. Corvetto et plusieurs autres responsables de l'ONPE pour atteinte au droit de vote et entrave au bon déroulement du scrutin.

A la tête de l'ONPE depuis août 2020, M. Corvetto avait été reconduit dans ses fonctions en 2024.

Plus de 27 millions d'électeurs ont été appelés à voter lors de ce scrutin obligatoire, qui en plus de désigner le prochain président doit également renouveler le Parlement, avec le retour à un système bicaméral inédit depuis 1990.

R.Kaiulani--HStB