Trump menace de bombarder Oman s'il entrave un accord sur le détroit d'Ormuz
Donald Trump a menacé lundi de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" d'un accord sur le détroit d'Ormuz, Mascate et Téhéran menant depuis des semaines des discussions sans Washington à propos de ce passage maritime stratégique.
"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré le président américain au journaliste de Fox News Trey Yingst, selon sa publication sur X, en réponse à une question sur les échanges en cours entre les deux pays.
Le président américain est habitué des déclarations fracassantes sans lendemain depuis le début du conflit contre l'Iran fin février.
Des responsables iraniens et omanais discutent depuis plusieurs semaines pour trouver un accord sur la circulation des navires à travers le détroit, qui passe entre les côtes des deux pays et voyait transiter environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant la guerre.
Cultivant une position de neutralité dans une région particulièrement tendue, le sultanat d'Oman a joué ou joue un rôle de médiateur dans plusieurs conflits, de l'Iran au Yémen.
Face à ces tensions exacerbées, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu par téléphone avec son homologue américain pour insister sur l'importance de recourir pleinement à la diplomatie, en réaffirmant que la Turquie continuerait à soutenir les efforts de paix.
"Je pense que, au final, ses menaces contre Oman ne sont que le reflet de sa frustration devant la situation qu'il a créée, dans laquelle il n'a aucune bonne option", a estimé Nate Swanson, de l'Atlantic Council's Iran Strategy Project, cité par le New York Times américain. "Il réagit simplement par réflexe, et cette fois, c'est Oman qui s'est retrouvé dans le viseur".
Sur la séance asiatique, le pétrole poursuivait ainsi son ascension face à ces menaces: à 02H30 GMT, le baril de WTI nord-américain s'inscrivait en hausse de 0,6% à 84,99 dollars, quand celui de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, prenait 0,4% à 91,22 dollars.
- Pas "beaucoup de confiance" -
Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz de façon quasiment continue depuis l'attaque israélo-américaine qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient.
En riposte, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens.
Donald Trump répète que les Etats-Unis ont le "contrôle" de cette voie, une affirmation que Téhéran a qualifiée de "mensonge".
Il a notamment dit il y a quelques jours qu'il déclarerait "territoire des Etats-Unis" le détroit d'Ormuz une fois la guerre remportée, même si son ton laissait penser à une plaisanterie.
"Le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l'Iran", a martelé Téhéran ce week-end.
"Les pourparlers entre l'Iran et Oman se poursuivent de manière sérieuse", a déclaré lundi un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. "Des échanges de vues ont lieu sur le texte de la déclaration conjointe."
Washington et Téhéran aussi: l'émissaire américain Jared Kushner a qualifié les discussions de "très positives et animées", même s'il a concédé qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, qui s'impliquent néanmoins "très sérieusement".
Donald Trump a également appelé lundi sur Fox News l'Iran à "hisser le drapeau blanc de la capitulation". "Je ne suis pas pressé", a-t-il ajouté, estimant que les élections législatives de mi-mandat en novembre "ne changent rien à (ses) réflexions."
Trey Yingst, le reporter de Fox News, affirme par ailleurs que Donald Trump a reconnu l'existence d'une ligne de communication directe entre Washington et les Gardiens de la Révolution, la puissante armée idéologique de l'Iran.
P.Aukai--HStB