Avant la messe géante, le pape Léon XIV acclamé par une marée humaine
Le pape Léon XIV descend samedi les Champs-Elysées sous les acclamations d'une immense foule de fidèles, avant de célébrer une messe géante, temps fort du deuxième jour de sa visite en France qui soulève un large enthousiasme populaire.
A bord de la papamobile, le souverain pontife, souriant, bénit des bébés et salue la marée humaine de fidèles, dont beaucoup sont arrivés des heures en avance pour l'apercevoir se diriger vers la place de la Concorde, où a été dressée une vaste structure éphémère, avec un autel blanc surmonté d'une croix de plusieurs mètres de haut.
Le service religieux doit débuter à 15H00 (13H00 GMT) avec, sur plus de deux kilomètres, quelque 600.000 personnes attendues jusqu'à l'avenue de la Grande Armée, au-delà de l'Arc de Triomphe, qui pourront suivre l'office d'une heure et demie sur des écrans géants.
"Je ne verrai probablement rien mais c'est pas grave, l'essentiel c'est qu'on soit nombreux, de participer à la communion", explique, à proximité de l'Arc de Triomphe, Marie-Hélène, venue de banlieue parisienne.
Place de la Concorde, où les spectateurs patientent en pique-niquant, Virginie Courtot, 51 ans, estime que "le pape, c'est la star!". "Il parle à un public au delà de la religion catholique, c'est le pape qu'il nous faut dans l'époque actuel, qui remet de la nuance et de la réflexion", considère celle qui est venue de Nanterre en famille.
- "On va faire du bruit!" -
Dans les rues adjacentes aux Champs-Élysées, alors qu'une dizaine de stations de métro ont été fermées pour la célébration, des dizaines de cars ont déversé toute la matinée des fidèles venus de province, souvent équipés de tabourets ou de chaises pliantes, prêts à attendre plusieurs heures l'arrivée du pape.
"Les cathos, on ne les entend pas beaucoup, là on va faire du bruit ! Mais pour annoncer l'amour, la paix, la joie", se réjouit Sylvie Leclerc, enseignante de 51 ans, en descendant de son car venu de Seine-Maritime.
Au milieu de la foule, avant l'arrivée du pape, des militantes de l’association féministe catholique Magdala ont déployé une banderole, sur laquelle a été féminisé un verset de l'Evangile "Heureuses celles qui ont soif de justice", pour que les femmes soient "pleinement accueillies" dans l'Eglise.
De nombreuses personnalités politiques sont présents pour assister à la messe, dont les candidats à l'élection présidentielle Edouard Philippe, Gabriel Attal et Marine Le Pen, accompagnée de Jordan Bardella, ainsi que le Premier ministre Sébastien Lecornu, l'ancien président Nicolas Sarkozy et les présidents des deux chambres du Parlement, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, selon le diocèse.
Le chef de l'Etat Emmanuel Macron, qui a accueilli le pape vendredi dès son arrivée à l'aéroport puis à l'Elysée, n'est pas présent, mais représenté par son épouse Brigitte Macron.
Premier pape à venir à Paris depuis 2008, Léon XIV avait déjà pu mesurer sa popularité auprès des Français vendredi, en déambulant en papamobile dans le centre de Paris devant 300.000 personnes, selon le Vatican, puis, dans la soirée en étant accueilli telle une star par 80.000 jeunes dans le Stade de France, à Saint-Denis.
- "Emerveillé" par les nouveaux baptisés -
Lui-même petit-fils d'immigrés, Léon XIV a commencé sa deuxième journée en France en se rendant dans l'association diocésaine de soutien aux migrants la Maison Bakhita. "Une maison qui témoigne à toute la ville qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix", a-t-il déclaré, après avoir entendu des témoignages d'exilés afghan et nigérian dans cette association située dans un quartier populaire du nord de la capitale.
"L'histoire de l'Église et de l'humanité (...) n'est pas écrite par ceux qui donnent l’impression de vaincre en s'imposant et en occupant l'espace, mais par ceux qui +font de la place+, instaurent des processus de paix, suscitent la confiance et encouragent la vie", a déclaré le souverain pontife, incitant également "à reconnaître le rôle fondamental des femmes dans la construction d’une civilisation de l’amour".
Depuis son élection en mai 2025, Robert Francis Prevost a régulièrement appelé à défendre la dignité des personnes exilées et des réfugiés, n'hésitant pas à critiquer la politique migratoire du président américain Donald Trump.
Le chef des 1,4 milliard de catholiques dans le monde s'est ensuite dit "émerveillé" par le nombre croissant de nouveaux baptisés en France, dont il a rencontré certains au siège historique de la "Catho de Paris".
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Z.Aina--HStB