Honolulu Star Bulletin - Canada : les indépendantistes remportent les élections au Québec, un défi pour Carney

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Canada : les indépendantistes remportent les élections au Québec, un défi pour Carney
Canada : les indépendantistes remportent les élections au Québec, un défi pour Carney / Photo: Andrej Ivanov - AFP

Canada : les indépendantistes remportent les élections au Québec, un défi pour Carney

Les indépendantistes du Parti québécois ont remporté lundi les élections dans la province francophone où ils promettent d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance, un test pour le message d'unité du Premier ministre canadien Mark Carney en plein conflit commercial avec Washington.

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Le chef de cette formation, Paul Saint-Pierre Plamondon, avocat de 49 ans surnommé "PSPP", sera le nouveau Premier ministre de la province dotée de très larges compétences et peuplée de 9 millions d'habitants.

À l'annonce des résultats, ses partisans réunis à Montréal ont chanté "Le Québec, un pays", célèbre slogan indépendantiste.

Avec environ 28% des voix, selon des résultats quasi définitifs, il ne disposera toutefois pas de la majorité absolue, ce qui compliquera la mise en œuvre de son programme.

"PSPP" a promis en particulier d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance du Québec, mais a précisé qu'il attendrait la fin du mandat de Donald Trump en janvier 2029 car l'escalade actuelle du conflit commercial entre les États-Unis et le Canada n'offre "pas un climat serein pour réfléchir à notre avenir".

Le retour au pouvoir du Parti québécois, qui n'avait pas dirigé la province depuis 2014, n'est pas une bonne nouvelle pour Mark Carney alors qu'aucune issue au conflit commercial avec Washington ne se dessine et qu'il est confronté à d'autres velléités séparatistes dans l'Alberta.

Cette riche province pétrolière de l'ouest du Canada doit voter le 19 octobre pour décider d'organiser ou pas un futur référendum d'indépendance.

"Bâtir un Québec plus fort est au cœur de notre mission visant à bâtir un Canada plus fort", a déclaré M. Carney, dans un message sur son compte X, disant avoir "hâte de travailler" avec le nouveau dirigeant du Québec "pour soutenir les entreprises et les travailleurs du Québec touchés par les droits de douane" américains.

- "Vulnérables" -

S'il a bien lieu, le référendum promis par le Parti québécois serait le troisième organisé au Québec après ceux de 1980 et 1995. Le dernier avait été perdu de peu par le camp du "oui" à l'indépendance.

La question de l'indépendance a toujours profondément divisé le Québec entre "souverainistes" voulant se séparer du Canada et "fédéralistes". Mais l'idée d'un nouveau référendum revient pour la première fois depuis trente ans au centre du débat politique.

Félix Marineau, 26 ans, dit avoir été "pour le oui (à l'indépendance) depuis toujours".

"On a le droit de se poser la question (d'une sécession du Canada) en tant que démocratie. Pour moi, être contre le référendum, c'est être contre la démocratie", a-t-il déclaré à l'AFP.

Alexia Gomez, qui votait pour la première fois à 19 ans, est en revanche opposée à toute idée de sécession. "Si le Québec devient indépendant, ça nous rendrait vulnérables d'un point de vue politique, économique, militaire", a-t-elle jugé.

Même si le camp indépendantiste dépasse le seul Parti québécois, la proportion de Québécois prêts à voter "oui" à une séparation du Canada est de seulement 31%, selon un récent sondage.

Selon les analystes, le vote pour la formation indépendantiste a été plus nourri par la déception des électeurs sur le coût de la vie ou la santé vis-à-vis de la majorité sortante, qui a perdu tous ses députés, que par un désir d'indépendance.

- La monarchie ? "Une mascarade" -

Paul Saint-Pierre Plamondon a déjà laissé entendre qu'il voyait sa relation avec Ottawa comme un "rapport de force". Si le Québec n'est pas "respecté (...) je ne mettrai pas sous le tapis le fait que ce n'est pas acceptable", a-t-il dit la semaine dernière.

Autre sujet de discorde à venir avec le gouvernement fédéral, il a également promis d'"abolir la monarchie" au Québec, c'est-à-dire de couper les vivres de la représentante de la couronne britannique dans la province, dont le rôle, notamment de promulguer les lois québécoises, est pourtant inscrit dans la Constitution canadienne.

Le Canada est membre du Commonwealth et son chef d'État est Charles III. C'est une "mascarade qui coûte de l'argent", a dénoncé le chef indépendantiste qui veut utiliser ces fonds pour réduire le nombre de sans-abri.

W.Kalua--HStB