Honolulu Star Bulletin - Agriculture: les nouvelles annonces, avec des prêts à taux zéro, divisent les syndicats

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Agriculture: les nouvelles annonces, avec des prêts à taux zéro, divisent les syndicats
Agriculture: les nouvelles annonces, avec des prêts à taux zéro, divisent les syndicats / Photo: Thomas SAMSON - AFP

Agriculture: les nouvelles annonces, avec des prêts à taux zéro, divisent les syndicats

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé jeudi en Auvergne de nouvelles mesures pour les agriculteurs frappés par la sécheresse, avec des prêts à taux zéro pour renflouer les trésoreries, des annonces qui partagent les syndicats.

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Face à la sécheresse historique et aux canicules, le gouvernement avait annoncé en septembre un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros et promis un plan de rebond dans le cadre du budget présenté pour 2027.

Mais les syndicats agricoles l'avaient estimé insuffisant, avant de dénoncer l'absence du plan de rebond dans la copie budgétaire initiale du gouvernement, qui a promis des amendements au Parlement.

 

Pour compléter, Annie Genevard a annoncé des prêts à taux zéro pour les agriculteurs ainsi qu'un dispositif spécifique pour les jeunes récemment installés en cas de rééchelonnement de prêt, des demandes de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, alliance syndicale dominant le monde agricole.

Des mesures "qui vont dans le bon sens", selon le président des JA Jocelyn Dubost, qui envisage lui-même de recourir à un de ces prêts pour passer l'année "catastrophique" pour ses cultures. "Tout n'est pas là", a-t-il ajouté, en allusion aux débats qui vont s'ouvrir sur le budget 2027 pour la France mais aussi sur le budget de la politique agricole commune européenne (la PAC).

- Suspendu au budget -

La mesure sur les prêts à taux zéro pourra couvrir un encours de deux milliards d'euros de prêts pour acheter notamment du fourrage et des intrants.

"Les premiers prêts pourront être décaissés en 2026", a déclaré la ministre. Son entourage reconnaît qu'il faudra que les demandes arrivent vite et que la majorité des prêts seront pour 2027.

Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA, insiste sur le besoin que l'agenda politique prenne en compte "le calendrier pour que les vaches aient du fourrage" cet hiver et n'aillent pas à l'abattoir.

Les prêts pour 2027 seront soumis à l'adoption du budget, incertaine en l'absence de majorité au Parlement. La FNSEA, qui chiffrait le coût pour l'État de cette mesure à 50 millions d'euros, la réclamait dans l'immédiat, plusieurs banques ayant déjà accepté de réduire les taux à 2,5 % pour les agriculteurs.

L'État payerait donc les intérêts restants mais la ministre a refusé d'en estimer le coût jeudi.

La demande principale des éleveurs, réunis en sommet à Cournon-d'Auvergne depuis mardi, portait sur l'assurance récolte, censée compenser la perte des prairies qui n'ont quasiment pas poussé depuis le printemps, faute de pluie, forçant à entamer les stocks de fourrage prévus pour l'hiver.

Les éleveurs dénoncent les mesures par satellite, avec des estimations de pertes qui ne correspondent pas à celles constatées sur le terrain. Le gouvernement a promis de publier mi-octobre une carte actualisée et de la "transparence".

Des réunions organisées par les préfets doivent permettre de confronter les données satellite "aux observations de terrain", a déclaré la ministre, qui dit vouloir faciliter les recours.

"Il y a une porte ouverte sur la reconnaissance du dysfonctionnement du satellite", s'est félicité Patrick Bénézit, pour qui cela doit aboutir à "une revalorisation" des indemnités.

- Réserve et taxe foncière -

"On n'a pas voulu recevoir la ministre parce qu'on savait que ces annonces, il n'y aurait pas grand-chose dedans", a déclaré à l'AFP Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale. "Il n'y a rien sur le gazole non routier" des tracteurs, ajoute-t-il.

Sébastien Lecornu a annoncé des mesures pour faire baisse le prix le gazole mercredi soir, mais des syndicats attendaient un doublement des aides de 15 à 30 centimes par litre pour les agriculteurs.

La ministre a aussi annoncé renforcer les contrôles fiscaux pour s'assurer que les propriétaires de terres agricoles répercutent bien le dégrèvement de la taxe sur le foncier non-bâti aux fermiers qui louent ces parcelles.

A ce sujet, Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole a dénoncé une mesure "qui coûtera beaucoup plus cher à l'Etat que prévu" sans bénéficier directement aux paysans, et des prêts qui les pousseront à "s'endetter encore plus".

L'enveloppe dédiée depuis septembre à ce dégrèvement était de 350 millions d'euros. "Nous remettrons au pot", a déclaré la ministre, alors que le média Contexte évoquait des estimations de 700 millions d'euros.

O.Kawai--HStB