Bolsonaro vole vers l'Equateur depuis l'Argentine après avoir quitté le Brésil
Certains l'annonçaient en fuite aux Etats-Unis, mais c'est en direction de l'Équateur depuis l'Argentine que vole mercredi le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, trois jours après sa défaite à la présidentielle au Brésil.
Le fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro a franchi la frontière terrestre avec l’Argentine "muni de documents de voyage en règle, sans aucun obstacle légal", selon un communiqué publié sur X par la Direction nationale des migrations argentine.
Il a ensuite embarqué à bord "d'un vol privé affrété par la compagnie Baires Fly S.A à destination de la ville de Guayaquil, en Équateur", précise cette source.
Cet avion a décollé au milieu de la nuit de Puerto Iguazu, dans le nord-est de l'Argentine, selon le site Flight Radar.
Des médias américains avaient rapporté mardi que Flavio Bolsonaro avait fui le Brésil pour les États-Unis, sans pouvoir confirmer cette information de façon étayée, le gouvernement de Donald Trump annonçant de son côté qu'il accorderait un visa au candidat défait à la présidentielle.
Celui-ci n'a toujours pas reconnu son échec au second tour face au président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, réélu à la surprise générale dimanche avec 52% des voix.
Lundi, Flavio Bolsonaro avait promis de se plier à un ordre judiciaire qui le sommait de remettre ses passeports aux autorités, alors qu'il fait l'objet de plusieurs enquêtes.
Mais il ne l'a pas fait et ses documents ont été annulés mardi, a indiqué à l'AFP une source policière, y compris le passeport diplomatique qu'il détenait en tant que parlementaire. Il possède aussi la nationalité italienne depuis 2023, selon un document du Parlement italien consulté par l'AFP.
L'homme de 45 ans est notamment suspecté de corruption et de blanchiment d'argent dans le financement d'un film sur son père, actuellement assigné à résidence pour tentative de coup d'État. Il nie toute irrégularité.
- "Honteux" pour Lula -
Une fuite de Flavio Bolsonaro hors du Brésil serait "honteuse", avait estimé mardi Lula, alors qu'on ignore toujours quelle sera la destination finale du candidat conservateur.
"Le Brésil, c'est sa seconde patrie. La première, c'est de lécher les bottes des États-Unis", a-t-il fustigé lors de la célébration de ses 81 ans, à Brasilia.
Eduardo Bolsonaro, frère de Flavio et ancien député brésilien, est installé aux États-Unis, où il est en contact avec l'administration du président américain, Donald Trump.
Donald Trump n'a pas soutenu ouvertement Flavio Bolsonaro durant la campagne, mais il l'a reçu à la Maison Blanche en mai.
Le président américain a dénoncé lundi, sans preuve, des élections "truquées" au Brésil, alors que les messages de félicitations au président réélu affluaient du monde entier, y compris de pays latino-américains dirigés par la droite.
Le même jour, le fils aîné de Jair Bolsonaro avait assuré n'avoir "jamais pensé à quitter le pays". Il avait affirmé qu'il dirigerait l'opposition à Lula, dont son parti a finalement reconnu la réélection.
Au soir de sa défaite, le candidat avait annoncé qu'il demanderait l'annulation du scrutin pour de supposées irrégularités.
- Entourage "surpris" -
Favori après avoir terminé en tête du premier tour, il avait promis qu'en cas de victoire, l'une de ses premières mesures serait de gracier son père.
L'ancien président (2019-2022) purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa défaite électorale de 2022 face à Lula.
Tout comme son fils, il n'avait pas reconnu sa défaite. Il était parti aux États-Unis à la veille de l'investiture de son rival, rentrant au Brésil au bout de trois mois.
Mardi, un juge de la Cour suprême a ordonné une enquête sur un éventuel financement étranger de la campagne bolsonariste.
Le magistrat a aussi évoqué d'autres formes possibles d'ingérence, telles que des "manipulations" sur les réseaux sociaux impliquant Meta.
Dans l'entre-deux-tours, Lula a accusé la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp d'avoir restreint la circulation de ses contenus.
Le géant américain de la tech a nié tout parti pris mais reconnu des "problèmes techniques" ayant pénalisé la campagne en ligne de la gauche.
H.Lono--HStB