JO-2026: triple médaillé olympique en ski, Pinturault pas retenu à ce stade
Plus grand palmarès du ski alpin français, Alexis Pinturault est absent de la liste des 160 Bleus partant aux JO-2026, dévoilée lundi matin, mais l'annonce surprise quelques heures plus tard d'un quota supplémentaire redonne de l'espoir à plusieurs skieurs initialement écartés comme lui.
En raison d'une règle complexe d'allocation des quotas olympiques entre les pays par la Fédération internationale de ski, le clan français avait déchanté il y a dix jours en comprenant qu'au lieu des 11 places escomptées pour les hommes, il n'en obtiendrait que sept (huit pour les femmes).
Alexis Pinturault, skieur de Courchevel aux 34 victoires en Coupe du monde, trois podiums olympiques et trois titres mondiaux, en manque de résultats cet hiver, ne figurait pas lundi matin parmi les sélectionnés en ski alpin dans la liste publiée par le Comité olympique français (CNOSF), contrairement au champion olympique de slalom Clément Noël et de la révélation de l'hiver Paco Rassat.
Mais en début de soirée, le CNOSF a créé la surprise en annonçant que "suite à une réallocation", la France venait "d'obtenir un quota supplémentaire en ski alpin masculin".
"L'athlète sera sélectionné selon les mêmes modalités que celles mises en place par la Fédération française de ski (FFS) et le Comité national olympique et sportif français pour les sept autres athlètes déjà sélectionnés de manière définitive". "Ce huitième quota sera attribué et communiqué mercredi 28 janvier dans la soirée", est-il précisé.
- Casse-tête -
Cette annonce redonne de l'espoir à Pinturault, mais aussi à Victor Muffat-Jeandet, Thibaut Favrot ou encore Mathieu Bailet.
Pour quelques skieurs (Noël et Rassat en slalom, Nils Allègre en vitesse), la sélection ne faisait aucun doute mais pour d'autres cas les sélectionneurs avaient de quoi s'arracher les cheveux.
En slalom, qui de Steven Amiez ou de Victor Muffat-Jeandet, tous les deux dans le top 15 mondial? En vitesse, Maxence Muzaton a redistribué toutes les cartes samedi en arrachant à 35 ans et à la surprise générale la 3e place de la mythique descente de Kitzbühel. Et en géant, comment décider de se priver d'Alexis Pinturault, immense nom du ski français, quand bien même il n'est pas le plus performant cet hiver?
Face à ce casse-tête, les sélectionneurs ont tranché, en retenant Nils Alphand et Maxence Muzaton en vitesse, Steven Amiez en slalom et Léo Anguenot en géant, au détriment de Pinturault, cadre des Bleus depuis plus de douze ans.
"Alexis a accepté la décision comme le grand champion qu'il est", a affirmé en conférence de presse David Chastan, responsable du ski alpin au sein de la Fédération française. "Il a tout fait pour essayer de faire les Jeux mais c'est aussi quelqu'un qui respecte le choix de cette sélection (...). Il y a des athlètes qui ont fait des meilleurs résultats que lui."
- Pas de passe-droit -
A 34 ans, le skieur de Courchevel avait fait des JO de Milan Cortina une des ses principales sources de motivation pour ne pas arrêter sa carrière après deux graves blessures aux genoux (janvier 2024, janvier 2025).
"J'avais utilisé les mots +course contre la montre+, je n'ai pas parlé de +préparation+ dans l'objectif des Jeux olympiques. J'étais lucide sur le fait qu'il y a énormément de choses à reconstruire dans un temps très court", affirmait-il début janvier.
Et d'ajouter : "Je n'estime pas avoir un passe-droit, je pense que, comme tout le monde, je dois montrer des résultats".
Le skieur, qui a plusieurs fois répété vouloir se laisser le temps de la réflexion avant de décider de prendre sa retraite, évoquant la possibilité de continuer jusqu'aux Mondiaux-2027, doit s'aligner mardi au géant de Coupe du monde à Schladming (Autriche). L'occasion de se distinguer pour peut-être obtenir le sésame olympique.
Chez les femmes, la France disposait de huit quotas en ski alpin, pour à peine plus d'athlètes évoluant sur le circuit de la Coupe du monde. Cheffe de file des Bleues, Romane Miradoli a été sélectionnée avec Camille Cerutti et Laura Gauché, Marie Lamure, Marion Chevrier, Clara Direz, Caitlin McFarlane et Doriane Escané.
Au total 160 athlètes français (dont 2 remplaçants pour le bobsleigh) ont été sélectionnés pour Milan Cortina, un record pour des Jeux d'hiver. La France vise "un top 5 olympique", avec l'ambition de faire "un peu plus de 50% de médailles par rapport aux Jeux de Pékin" en 2022 (14 médailles, dont 5 en or).
S.Halia--HStB