Honolulu Star Bulletin - Mondiaux de patinage: Kaori Sakamoto, le temps des adieux

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Mondiaux de patinage: Kaori Sakamoto, le temps des adieux
Mondiaux de patinage: Kaori Sakamoto, le temps des adieux / Photo: Michal Cizek - AFP

Mondiaux de patinage: Kaori Sakamoto, le temps des adieux

Même si elle n'aura jamais remporté le Graal olympique, la Japonaise Kaori Sakamoto, qui fait ses adieux à la glace vendredi aux Mondiaux de Prague, aura incarné l'une des figures les plus appréciées du patinage, tant pour sa personnalité enjouée que pour ses prouesses techniques.

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Après les pleurs provoqués par sa médaille d'argent aux JO de Milan Cortina en février, la patineuse de 25 ans espère clore sa superbe carrière avec le sourire et un quatrième titre mondial.

Mercredi, son programme court sur le bien nommé "Time To Say Goodbye" d'Andrea Bocelli lui a valu son meilleur score de la saison. Elle pointe en tête avant le libre prévu vendredi.

"Kaori est un exemple incroyable", a salué mercredi l'Américaine Amber Glenn, troisième provisoire après le court. "Je l'apprécie depuis des années, et le fait d'avoir été avec elle lors de ces compétitions a été vraiment, vraiment passionnant."

Médaillée de bronze aux Jeux de Pékin en 2022 derrière les Russes Anna Shcherbakova et Alexandra Trusova, Sakamoto s'est imposée comme la reine du patinage féminin après la décision d'exclure la Russie de toute compétition internationale en raison de l'invasion en Ukraine. Un défi pas simple à relever tant la Russie a toujours pesé lourd dans le patinage féminin.

- "De grandes attentes" -

Championne du monde en 2022, 2023 et 2024 grâce notamment à son charisme et sa puissance de patinage, elle semblait filer tout droit vers l'or olympique avant le retour surprise de l'Américaine Alysa Liu, qui l'a détrônée aux Mondiaux-2025.

Celle qui a découvert la glace à l'âge de trois ans avait annoncé dès le mois de juin dernier que cette saison serait sa dernière. "Je pense qu'il vaut mieux que je coupe net plutôt que de continuer pendant encore deux ou trois ans", disait-elle. "Je veux terminer chaque compétition sans avoir de regret."

Sakamoto avait quitté les JO de Milan avec un goût d'inachevé, ayant manqué l'or pour seulement 1,89 point face à Liu. "Je sais que j'ai laissé passer quelque chose", a-t-elle reconnu.

"J'avais de grandes attentes pour les JO et beaucoup de gens autour de moi attendaient beaucoup de moi aussi. Ne pas avoir pu répondre à ces attentes a donc été très, très triste pour moi", a expliqué la Japonaise mercredi.

"J'ai commencé le patinage à l'âge de trois ans et je ne savais pas à l'époque que ce serait si difficile", déclarait-elle récemment après son sixième titre national. "Tout n'a pas toujours été facile, mais j'ai vécu tellement d'expériences qui m'ont montré que la vie a de nombreuses facettes."

"Je suis le genre de personne qui n'arrive jamais à se tenir à quoi que ce soit; (mais) le patinage est la seule chose à laquelle je me suis consacrée longtemps."

- "Je ne regrette rien" -

Selon son entraîneuse de toujours Sonoko Nakano, Sakamoto a "toujours été tenace, même quand elle était petite". "Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un d'autre capable de montrer de quoi il est capable quand il est dos au mur comme elle le fait. Je suis contente d'avoir été stricte avec elle quand elle était plus jeune."

Forte de son expérience, la native de Kobe a aussi joué un rôle de grande sœur dans le patinage nippon. Avec son départ, les coulisses des patinoires risquent de sonner creux sans les rires et les plaisanteries de celle qui a écopé du surnom de "la patineuse souriante".

Sa compatriote Ami Nakai, petite pépite de 17 ans qui a décroché le bronze à Milan pour ses premiers JO, a ainsi déclaré que la présence de Sakamoto la "rassurait".

"J'ai participé à ma première épreuve du Grand Prix en France en octobre, mais comme Kaori était là, je me suis sentie détendue", a déclaré Nakai. "Je pense que si je ne me suis pas sentie nerveuse avant la compétition, c'est parce qu'elle était là."

Pour clore sa carrière, Sakamoto patinera une dernière fois vendredi son programme libre sur une autre chanson au titre en forme de présage: le classique d'Edith Piaf "Non, je ne regrette rien."

M.Akona--HStB