Honolulu Star Bulletin - De pêcheurs à jardiniers des mers: la restauration des coraux en Colombie

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De pêcheurs à jardiniers des mers: la restauration des coraux en Colombie
De pêcheurs à jardiniers des mers: la restauration des coraux en Colombie / Photo: Luis ACOSTA - AFP

De pêcheurs à jardiniers des mers: la restauration des coraux en Colombie

Après avoir passé des années à détruire des coraux quand il était pêcheur, Yerson Granados les plante désormais délicatement, tel un jardinier, pour les sauver de l'extinction dans les Caraïbes colombiennes.

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La dynamite, les filets et les ancres utilisés pour la pêche appartiennent désormais au passé: à 56 ans, M. Granados est devenu un gardien de la mer.

Il fait partie d'un groupe d'anciens pêcheurs ayant rejoint un projet destiné à reconstruire l'écosystème corallien dans la touristique ville de Santa Marta, dans le nord de la Colombie.

En combinaison de plongée, il fixe des fragments de corail sur une structure qu'il place ensuite dans la mer pour repeupler cette zone. Les coraux ayant poussé dans cette pépinière sont transplantés dans des récifs une fois qu'ils ont atteint la taille adéquate.

Le travail de Yerson Granados consiste également à plonger avec une bouteille d'oxygène pour surveiller les plantations à 10 mètres de profondeur.

A une époque, l'ancien pêcheur ne comprenait pas l'impact de la destruction de ces écosystèmes, raconte-t-il à moitié immergé, un masque de plongée sur le front.

"Avant, nous abîmions" le corail, "nous ne savions pas que c'était un être vivant, pour nous ça ressemblait à des pierres", confie-t-il dans un entretien à l'AFP. Aujourd'hui, il sait devoir les protéger car les coraux sont "comme des maisons pour les poissons".

D'autres anciens pêcheurs participant au projet ont aussi pris conscience des enjeux. "Pour moi, un corail, maintenant, c'est la vie", lance Kevin Monsalvo, 26 ans.

Diana Tarazona, directrice scientifique de la fondation CIM Caribe, souligne le rôle clé des pêcheurs pour faire renaître ces "villes sous-marines". "Travailler avec eux, c'est accéder à (...) leur savoir inné" sur la vie marine, affirme-t-elle.

L'ONG revendique 1,5 hectare d'une vingtaine d'espèces de coraux plantés depuis 2017, grâce au travail de M. Granados et des autres pêcheurs reconvertis.

Elle a pour ambition de restaurer quelque 36 hectares d'ici 2030 dans un pays dont les zones coralliennes sont également affectées par la hausse de la température de la mer.

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature, 44% des espèces de coraux dans le monde étaient "menacées d'extinction" en 2024, principalement en raison du changement climatique.

H.Lono--HStB