Foot: Arsenal roi d'Angleterre après 22 ans d'attente
Après vingt-deux ans d'attente, de frustrations et d'espoirs déçus, Arsenal est remonté sur le trône du championnat d'Angleterre, mardi sans jouer, le triomphe de la patience pour Mikel Arteta et ses joueurs, lointains successeurs des "Invincibles" d'Arsène Wenger.
Le dauphin Manchester City a perdu pied à Bournemouth (1-1) et, avec 78 pts, ne peut mathématiquement plus rattraper les Gunners (82 pts), leaders quasi-ininterrompus depuis le début de saison et assurés de le rester, dimanche après l'ultime journée.
Les Londoniens iront célébrer ce jour-là à Crystal Palace leur premier titre depuis 2004, sans pression, avant d'aller défier le cœur léger le PSG, le 30 mai à Budapest en finale de la Ligue des champions.
Leurs supporters ont déjà lancé la fête mardi soir avec concert de klaxons, chants et célébrations dans les rues et autour des pubs d'Islington, le quartier d'Arsenal.
Ils l'avaient fait dès lundi, aussi, sur le parvis de l'Emirates, avant même la victoire étriquée contre Burnley (1-0): arrivée du car des joueurs sous les cris et les fumigènes, et une banderole proclamant "Party on the streets of London" (la fête dans les rues de Londres).
C'est un clin d’œil, chambreur, aux supporters de Manchester City qui avaient déployé un message moqueur, "Panic on the streets of London" (une référence à une chanson d'un groupe de rock local), après leur victoire sur leur rival le 19 avril, il y a pile un mois.
L'équipe de Pep Guardiola était alors revenue à trois points du leader, avec un match en retard dans sa manche, de quoi alimenter la machine à dénigrement faisant d'Arsenal une équipe de "chokers" ou "bottlers" s'écroulant toujours sous la pression.
Mais cette fois, et après trois dernières saisons terminées à la deuxième place, l'armada d'Arteta a franchi la ligne en premier, quitte à proposer un football moins emballant que les années d'avant.
- L'éloge de la patience -
"Ce qu'on lui demande, c'est de gagner. La saison passée, ça jouait très bien. Sauf qu'au final, tu finis deuxième derrière Liverpool", rappelait début mai à l'AFP l'ancien attaquant d'Arsenal, Robert Pirès, champion d'Angleterre 2004 avec Thierry Henry et Patrick Vieira sous la baguette d'Arsène Wenger.
Le club au canon aura donc attendu vingt-deux ans pour décrocher le quatorzième titre de son histoire en Premier League.
Le propriétaire américain Stan Kroenke, milliardaire venu de l'immobilier, est récompensé de son choix et de sa patience à l'endroit d'Arteta, nommé fin 2019 pour redresser la barre d'un navire à la dérive.
Il y a quatre ans, son équipe terminait le championnat à la cinquième place, derrière l'ennemi Tottenham qui prenait le dernier billet pour la Ligue des champions, et à 24 points du Manchester City de Guardiola.
Il a enfin pris le meilleur sur son mentor, précisément au moment où celui-ci a choisi de rendre son tablier, après une décennie à succès.
Les Gunners ont profité, certes, d'une relative défaillance de la concurrence, City et Liverpool en tête. A titre d'exemple, ils vont terminer la saison avec moins de points qu'en 2024 (89).
Cela n'enlève rien au mérite de David Raya, William Saliba, Declan Rice ou encore Bukayo Saka, les nouveaux rois de la Premier League, efficaces et réguliers à défaut d'être toujours flamboyants.
Ils ont exploité au maximum les points forts de leur formation, à savoir une admirable défense de fer, une organisation tactique appliquée à la lettre et des coups de pied arrêtés décisifs, responsables de près de 40% des buts marqués en championnat.
Le très animé mercato de l'été dernier, dans le sens des arrivées avec Eberechi Eze, Martin Zubimendi, Cristhian Mosquera ou encore Viktor Gyökeres, le N.9 tueur qui manquait aux Gunners, a aussi pesé.
Mardi, le nord de Londres est rouge de plaisir.
I.Kai--HStB