Honolulu Star Bulletin - Le Royaume-Uni veut faire avancer la supervision de l'IA au G20, Trump résiste

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Le Royaume-Uni veut faire avancer la supervision de l'IA au G20, Trump résiste
Le Royaume-Uni veut faire avancer la supervision de l'IA au G20, Trump résiste / Photo: Leonardo MUNOZ - AFP

Le Royaume-Uni veut faire avancer la supervision de l'IA au G20, Trump résiste

Le Premier ministre britannique Andy Burnham prévoit d'initier l'élaboration de standards de sécurité de l'intelligence artificielle (IA) sous l'égide du G20, alors que Donald Trump a répété mardi son opposition à toute forme de supervision internationale.

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"Nous travaillerons à un accord sur un ensemble de principes et standards garantissant la transparence et l'accès dont nous avons besoin pour nous préparer" à gérer les nouvelles capacités de cette technologie "et assurant que le développement de l'IA est sûr", a expliqué le chef du gouvernement travailliste mardi devant l'Assemblée générale de l'ONU.

"Je vais mettre l'IA au coeur de la présidence britannique du G20 l'an prochain", a promis Andy Burnham.

Ses propos faisaient écho aux nombreux appels à une large coopération mondiale sur l'intelligence artificielle et ses risques.

"Parce que (l'IA) nous touche tous, la coordination au niveau mondial est indispensable", a exhorté mardi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à la tribune.

Ce dernier s'est particulièrement adressé aux nations "qui disposent des plus grandes capacités en matière d'IA", à savoir la Chine et les Etats-Unis, leur demandant d'"établir des canaux de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération".

Lundi, les dirigeants de plus de 20 pays dont le Canada, l'Allemagne et l'Australie avaient plaidé pour davantage de supervisions et la possible création, sous l'égide de l'ONU, d'un organe international de régulation.

Mais ces espoirs ont été tempérés mardi par Donald Trump, qui a rejeté "toute tentative de bâtir un projet mondialiste" d'encadrement de cette technologie.

Le président américain voit dans toute démarche internationale une perte de souveraineté, un obstacle au développement accéléré de l'IA américaine et un cadeau fait à la Chine.

Le ministre américain des Finances Scott Bessent s'est entretenu dimanche à New York avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng à propos de l'IA.

A cette occasion, les Etats-Unis ont proposé la mise en place d'un mécanisme de notification entre les deux pays en cas d'incident lié à l'IA, un événement relevant de la sécurité nationale.

Mais le ministre n'a rien dit de la gestion des menaces que fait désormais planer l'IA sur la sécurité informatique et au-delà.

- Macron veut une IA indépendante -

Ces derniers mois, plusieurs incidents ont été rapportés par les entreprises de pointe sur l'IA, qui ont constaté que leurs modèles s'écartaient régulièrement des objectifs fixés, trichaient, dissimulaient certaines de leurs actions, se coordonnaient et allaient jusqu'à établir des formes de hiérarchie entre eux.

Début septembre, un employé démissionnaire d'Anthropic, passé auparavant par OpenAI, a affirmé que, de l'aveu même de leurs créateurs, cette technologie "pourrait tous nous tuer d'ici la fin de la décennie".

Avec un langage plus mesuré, plusieurs grands patrons de l'IA ont averti que la vitesse actuelle d'accélération de l'intelligence artificielle ne permettait plus de s'assurer de son contrôle.

Après avoir déjà qualifié ces messages de "canulars", Donald Trump a affirmé mardi que les porte-voix de ces inquiétudes étaient "les mêmes que ceux qui nous ont dit qu'on serait morts dans douze ans à cause du réchauffement climatique".

Les grands acteurs de l'IA demandent depuis plusieurs mois aux gouvernements de réguler davantage leur industrie, en particulier concernant les risques des modèles les plus perfectionnés, sans succès jusqu'ici.

Outre les dangers de l'intelligence artificielle, de nombreux pays sont préoccupés par leur dépendance actuelle à des logiciels américains et chinois.

Mardi, le président français Emmanuel Macron a exhorté tous les Etats "attachés à leur indépendance" à développer une intelligence artificielle (IA) alternative de pointe partagée, "en mutualisant" infrastructures et financements.

Il a proposé un modèle ouvert, c'est-à-dire gratuit, téléchargeable et modifiable, pour mettre fin à la soumission à des fournisseurs américains susceptibles, à tout moment, de priver leurs utilisateurs d'accès à son IA volontairement ou sous la contrainte.

Lors de son intervention, Donald Trump a passé moins de temps à évoquer les risques de l'IA qu'à parler de sa nouvelle marotte, à savoir changer le nom de l'IA.

A sa demande, le gouvernement américain va ainsi désormais utiliser le terme "super intelligence" plutôt qu'"intelligence artificielle" dans sa communication officielle.

"Ca sonne beaucoup mieux" qu'intelligence artificielle, a estimé le milliardaire républicain.

Dans le secteur, le terme superintelligence définit le stade à partir duquel l'IA aura dépassé les capacités de raisonnement et de réflexion de l'homme dans tous les domaines. De l'avis général, même les modèles les plus avancés en sont encore loin.

Donald Trump espère voir ce néologisme adopté par d'autres gouvernements, un test qui permettra, selon lui, de "voir (s'il a) du pouvoir".

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Y.Kapu--HStB