Honolulu Star Bulletin - La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA

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La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA
La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA / Photo: Philip FONG - AFP

La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA

La Corée du Nord a déclaré samedi avoir testé un missile stratégique de portée intermédiaire intégrant l'utilisation de l'IA, quelques heures après que Séoul a annoncé que Pyongyang avait lancé un missile balistique.

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"Nos forces armées ont détecté un missile balistique tiré depuis la région de Wonsan, en Corée du Nord, en direction de la mer de l'Est", a déclaré l'état-major interarmées de Séoul, en employant le nom coréen de la mer du Japon.

Le projectile est tombé en mer à environ 700 km de son point de lancement, a-t-il précisé.

Ce nouveau tir intervient en plein regain de tension entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, laquelle a accusé son voisin d'avoir posé des mines antipersonnel dans sa partie de la Zone démilitarisée (DMZ) qui les sépare.

L'explosion de deux de ces engins avait blessé trois soldats sud-coréens le 21 septembre. Séoul a exigé des excuses de Pyongyang pour cet incident qualifié de violation de l'armistice de 1953, qui a mis fin à la guerre de Corée.

"Il s'agit d'une violation manifeste de l'accord d'armistice, et puisque la Corée du Nord en porte la responsabilité, nous prendrons les mesures qui s'imposent", avait affirmé le ministre de la Défense sud-coréen, Kang Shin-chul.

La Corée du Nord a nié toute responsabilité dans l'incident et rejeté la demande d'excuses de Séoul, qualifiée de "pathétique".

- "Prêts à tout" -

"Nous sommes prêts à tout, quelle que soit l'option qu'ils choisiront", a déclaré Kim Yo Jong, la puissante soeur du dirigeant Kim Jong Un considérée comme une porte-parole officieuse de Pyongyang, en réponse aux avertissements de M. Kang.

Elle a également affirmé que le "missile stratégique de portée intermédiaire" était "capable de modifier sa trajectoire de vol à basse altitude et que l'IA y a été introduite", sans donner davantage de détails sur l'utilisation de l'intelligence artificielle.

"Il n'existe aucun moyen d'éviter" l'attaque de ce type de missile", a poursuivi Kim Yo Jong, soutenant les propos de son frère Kim Jong Un selon qui "aucun pays au monde ne pourrait avoir accès à une telle technologie avant au moins plusieurs années".

Le dirigeant nord-coréen avait souligné en septembre la nécessité d'élever "le niveau de l'intelligence artificielle" dans les systèmes d'armes offensifs et défensifs du pays.

Les analystes estiment que la Corée du Nord pourrait faire progresser rapidement sa technologie de missiles avec le soutien militaire de la Russie, en échange de l'envoi de troupes pour soutenir sa guerre contre l'Ukraine.

- Pas "la moindre brèche" -

"L'IA est de plus en plus intégrée dans les technologies militaires à travers le monde, et les missiles balistiques ne font pas exception", a déclaré à l'AFP Hong Sung-pyo, chercheur principal à l'Institut coréen des affaires militaires, basé à Séoul.

"L'IA peut aider à fournir des informations sur les cibles et à gérer les opérations de lancement, tandis que les guerres en Ukraine et en Iran ont montré que le lien entre l'IA, les drones et les missiles peut renforcer leur efficacité opérationnelle", selon ce spécialiste qui estime qu'il est toutefois trop tôt pour conclure que les affirmations de la Corée du Nord concernant les capacités du missile sont exactes.

La Corée du Nord est sous le coup de lourdes sanctions des Nations unies pour ses programmes d'armement nucléaire et de missiles, qu'elle considère comme une assurance-vie contre toute tentative d'invasion ou de renversement de son régime par les États-Unis.

Pyongyang, qui a conclu un accord de défense mutuelle avec Moscou en 2024, a été accusé par Kiev de fournir des missiles balistiques à la Russie pour attaquer l'Ukraine.

Le président américain Donald Trump, qui a rencontré Kim Jong Un à trois reprises lors de son premier mandat (2017-2021), cherche actuellement à raviver le lien qu'il affirme avoir noué avec lui au cours de ces échanges, et a indiqué qu'il comptait le rencontrer à nouveau d'ici la fin de l'année.

La Corée du Nord n'a jusqu'à présent pas réagi. Elle a également rejeté systématiquement toutes les tentatives de rapprochement opérées ces derniers mois par le président sud-coréen de centre-gauche Lee Jae Myung, un partisan du dialogue avec Pyongyang.

Pyongyang "ne tolérera jamais la moindre brèche ni le moindre espace de contact possible avec la République de Corée, quelles que soient les circonstances", a déclaré vendredi Kim Yo Jong, citée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA. "S'asseoir à la même table que la République de Corée est en soi un cauchemar", a-t-elle affirmé, ajoutant que "c'est la conclusion à laquelle nous sommes parvenus au terme de notre expérience passée, plus que suffisante".

B.Kekoa--HStB