Incendie de Hong Kong: les défaillances des mesures anti-incendie exposées à la commission d'enquête
Presque toutes les mesures anti-incendie ont fait défaut, en raison de "facteurs humains", dans l'immense complexe résidentiel à Hong Kong, ravagé par un incendie monstre fin 2025, selon les éléments présentés au premier jour de l'audience publique de la commission d'enquête.
Plus de 4.600 résidents vivaient dans les tours de Wang Fuk Court, au nord de Hong Kong, quand le feu s'est déclaré le 26 novembre, Avec 168 morts, c'est incendie d'un immeuble résidentiel le plus meurtrier au monde depuis 1980.
Plus de 1.700 habitants avaient 60 ans ou plus, a rappelé Victor Dawes, l'avocat principal de la commission d'enquête indépendante à l'ouverture de l'audience publique, évoquant "une cicatrice difficile à oublier" dans la mémoire collective de la ville.
"D'après les éléments de preuves recueillis, le jour de l'incendie, presque toutes les mesures de sécurité destinées à sauver des vies ont échoué en raison de facteurs humains", a-t-il déclaré.
Décrivant le sinistre comme un "incendie de façade", il a souligné qu'il avait été "résultat combiné de multiples facteurs".
Des travaux de rénovation étaient menés dans le complexe et les sept des huit tours étaient couvertes d'échafaudages en bambou, de filets de protection et de panneaux en mousse qui ont peut-être contribué à la propagation rapide du feu.
La commission a recueilli plus d'un million de documents, dont des témoignages écrits et visuels de résidents, d’ouvriers du bâtiment et de pompiers, et le travail d'enquête promet d'être "très difficile et lourd", a souligné Victor Dawes. "Mais c'est seulement ainsi que nous pourrons faire de Hong Kong une ville plus sûre", a ajouté l'avocat.
- "Pas d'alarme incendie" -
Dans des extraits de vidéos diffusés au cours de l’audience jeudi, l'assistance a pu voir les flammes s’échapper d'un bâtiment et des échafaudages en bambous dégringolant le long de la façade lorsque l’incendie s'est déclaré en début d’après-midi.
"Il n'y a pas d’alarme incendie", peut-on entendre dire sur l'une des vidéos.
Dans une autre vidéo, montré par Me Dawes, les images montrent des habitants d'un immeuble essayant en vain d'utiliser la lance à incendie et de déclencher l'alarme incendie pendant que le feu se propageait. Ces équipements ne fonctionnaient pas.
M. Dawes a également fait remarquer que les échafaudages en bambous qui se sont effondrés ont "créé d’énormes difficultés pour les pompiers".
La principale voie d’évacuation des résidents de l'une des tours s'est retrouvée très rapidement bloquée après que l’alarme ait été donnée.
"Le gouvernement fait partie des responsables; nous devons identifier ces fonctionnaires et les renvoyer", a déclaré un homme d’âge mûr aux journalistes en entrant dans la salle d’audience installée dans un hall d’exposition municipal.
"Ils ne se sont pas excusés du tout. Ils doivent présenter des excuses", a-t-il ajouté.
Parmi les témoins qui doivent comparaître, devant la commission, figurent des représentants du gouvernement, d'anciens résidents, les dirigeants d'entreprises de construction et des membres du comité de gestion du complexe.
"Nous avons au moins le droit de savoir ce qui a provoqué l’incendie et pourquoi il s'est propagé si rapidement, au point de devenir totalement incontrôlable", a confié un autre ancien résident, qui s'est identifié comme Seneca Lee.
Un homme de 69 ans, qui n'a donné que son nom de famille, Law, a déclaré qu'il vivait à Wang Fuk Court depuis plus de trente ans et qu'il ne comprenait pas pourquoi les alarmes incendie n'avaient pas fonctionné. "Cela n'a aucun sens", dit-il, en soufflant : "J'ai perdu un proche, je suis donc très affecté."
La commission présidée par un juge devra déterminer si les normes de sécurité incendie étaient insuffisantes, si les pratiques de construction ont contribué à l’incendie et s'il y a eu des manquements de la part des fonctionnaires ou des entrepreneurs.
La police, qui mène parallèlement une enquête pénale, a arrêté 38 personnes soupçonnées d'homicide involontaire et de fraude.
L'organisme de lutte contre la corruption de Hong Kong a également arrêté 23 personnes, parmi lesquelles des consultants, des entrepreneurs et des membres de la copropriété du complexe, a-t-il indiqué mercredi dans un communiqué.
J.Mana--HStB