Un drone muni d'un explosif perturbe l'aéroport de Leipzig, hub stratégique pour l'Ukraine
Un incident, impliquant au moins un drone équipé d'un engin explosif, a entraîné la suspension temporaire du trafic à l'aéroport allemand de Leipzig, un hub logistique clé pour l'Otan et l'acheminement de matériel militaire et civil vers l'Ukraine, que Berlin soutient activement depuis le début de l'invasion russe.
L'ambassadeur ukrainien en Allemagne a aussitôt pointé du doigt Moscou, dans un entretien à la télévision Welt TV. "Qui d'autres cela pourrait être à part la Russi ?", a lancé Oleksii Makeiev, proposant à l'Allemagne l'expertise ukrainienne en matière de drones.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le trafic aérien avait été interrompu pendant deux heures dans cet aéroport situé dans l'est de l'Allemagne, après la découverte d'un drone, qui, comme l'ont entre-temps annoncé les enquêteurs allemands, transportait un "engin explosif non identifié", depuis désamorcé.
D'après le quotidien allemand Bild, le drone se trouvait tout près d'un avion cargo ukrainien de type Antonov.
Cette information n'a pas été confirmée officiellement, même si des images d'agence de presse tournées de nuit ont montré un robot de déminage circuler sur le tarmac, tout près d'un avion de la compagnie ukrainienne de fret Antonov Airlines.
"Un deuxième objet volant non identifié aurait percuté un avion-cargo après que celui-ci eut redécollé en raison de la fermeture préalable de la piste", ont par ailleurs indiqué les enquêteurs allemands. "De légers dommages ont été constatés sur l'appareil après son atterrissage à Hanovre", à 200 km au nord-ouest de Leipzig, ont-ils ajouté.
Selon des médias, l'avion appartenait à la compagnie logistique allemande DHL, qui n'a pour le moment pas confirmé.
Cet appareil avait été dérouté, comme plusieurs autres avions, vers d'autres aéroports, en raison de la suspension du trafic aérien à Leipzig.
- Récents précédents -
Situé dans l'ex-RDA, l'aéroport de Leipzig/Halle joue un rôle central dans le transport de biens militaires, notamment ceux de l'armée allemande et des alliés de l'Otan, et sert aussi de base à Antonov Airlines.
L'aéroport régional abrite aussi le centre de tri européen de DHL Express, une filiale de la poste allemande Deutsche Post.
Les événements survenus entre mardi et mercredi "constituent un événement de sécurité très grave", a affirmé le ministre de l'Intérieur du Land de Saxe (où se trouve l'aéroport de Leipzig), Armin Schuster, dans un communiqué.
Le nouveau centre de défense contre les menaces "hybrides", inauguré en juin dernier pour coordonner la réponse allemande aux actes d'espionnage et de sabotage ainsi qu'aux cyberattaques qui se multiplient dans le pays depuis la guerre en Ukraine, s'est saisi de l'affaire.
Deux incidents de sécurité concernant l'aéroport de Leipzig ont déjà été rendus publics ces derniers mois.
En juillet 2024, un colis a pris feu dans le centre DHL avant son transport prévu en avion. Le patron des renseignements intérieurs allemands avait ouvertement accusé Moscou d'être derrière cet incident.
Et en septembre 2025, une ressortissante chinoise a été condamnée pour espionnage pour avoir fourni à l'ex-collaborateur d'un député d'extrême droite des informations sur des vols, cargaisons et passagers de l'aéroport, notamment autour du transport de biens militaires et des personnes "ayant des liens avec une entreprise allemande d'armement", selon l'accusation.
L'Allemagne a accusé Moscou d'être à l'origine de nombreux incidents de sabotage présumé, d'espionnage et d'intrusions de drones.
"La Russie tente tous les jours, d'une manière ou d'une autre, par des moyens hybrides et des actions variées, d'exercer une influence ici en Allemagne, d'une façon qui vise à saper notre démocratie", a commenté un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, interrogé au même point presse gouvernemental sur l'incident de Leipzig.
"Ces attaques permanentes de la Russie, qui sont organisées et pilotées par l'Etat, existent bel et bien", a-t-il ajouté, soulignant qu'il n'évoquait pas là une implication russe "concernant ce cas précis".
V.Leilani--HStB